8:47 - May 18, 2019
Code de l'info: 3469502
« L’islamophobie est enracinée dans le racisme et en constitue une forme qui cible les expressions de ce qui est musulman ou de ce qui est perçu comme étant musulman. » Cette définition de l'islamophobie proposée par un groupe parlementaire multipartite (APPG) en décembre 2018, avec le soutien du maire de Londres Sadiq Khan a été rejetée par le gouvernement britannique avant même d'attendre les conclusions du débat parlementaire organisé jeudi 17 mai sur la question. 
Selon un porte-parole du gouvernement, la définition « n’a pas été largement acceptée » en son sein et elle nécessite « un examen plus approfondi ». 
 
Martin Hewitt, président du Conseil de la police nationale britannique, figure parmi ceux qui se sont montrés sceptiques quant à l’adoption de cette définition. « Nous sommes préoccupés du fait que la définition telle quelle est trop large, peut provoquer des confusions chez les agents chargés de son application et pourrait être utilisée pour contester la liberté de parole légitime sur les actions historiques ou théologiques des États musulmans », a-t-il avancé dans une lettre adressée à Theresa May. 
 
Il a dit également craindre que cette définition nuise « à la lutte contre le terrorisme qui cherche à contrer l’extrémisme ». 
 
Dans une autre lettre ouverte adressée au gouvernement britannique, un collectif de 40 universitaires, écrivains et militants a alerté sur le fait que « l’adoption non critique et hâtive » de cette définition pourrait aggraver des « tensions communautaires » et empêcher « la liberté d’expression sur des questions d’une importance fondamentale ».
 
Déception du côté des organisations musulmanes
Après ce rejet, Harun Khan, secrétaire général du Conseil musulman britannique (MCB), a accusé le gouvernement de « mal interpréter délibérément la définition et de s’aligner avec un certain nombre d’acteurs de mauvaise foi dont les points de vue, contrairement à ceux de la communauté musulmane, semblent influencer la décision ». 
 
« Plus de 20 années se sont écoulées depuis que le terme "islamophobie" est entré dans notre lexique politique », a constaté l’APPG dans le rapport proposant la définition. C’est pour signifier un réel progrès dans la lutte contre ce fléau dont les citoyens musulmans britanniques sont victimes au quotidien que le groupe a proposé cette définition. 
 
« Aucune documentation sur les preuves de discrimination vécues par les musulmans (…) ne peut satisfaire notre désir de renverser ces résultats si nous ne pouvons pas commencer par l’adoption d’une définition convenue » par tous, a soutenu l'APPG. 
saphirnews
Prénom:
Email:
* Commentaire: