8:35 - August 20, 2019
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L’enseignement religieux au Kirghizistan est l’objet de réformes depuis l’année 2000 mais ces réformes n’ont pas encore été appliquées et sont toujours en cours de révisions par des institutions religieuses.
La Commission d'État chargée des affaires religieuses du Kirghizistan a élaboré un plan d'éducation religieuse (islamique) à soumettre au public. Certains religieux kirghizs pensent que le gouvernement s'ingère dans les affaires religieuses. Une autre partie de la communauté affirme que l'activité du gouvernement dans le secteur religieux, est excessive, et qu'il ne respecte pas le principe de séparation de la religion et de l'État inscrit dans la constitution. 
 
Dans une interview avec le conseiller culturel iranien au Kirghizistan, Nizira Ghorbanova, doyenne de la Faculté d'histoire, de sociologie et de droit du Kirghizistan, et experte en affaires religieuses, a déclaré que la formulation du plan d’éducation religieuse était un pas positif. 
 
« Le projet est à l'étude depuis le milieu de l’année 2000 À cette époque, beaucoup de problèmes existaient dans le domaine de l’éducation religieuse, comme le manque d'approbation par le gouvernement des établissements d'enseignement islamiques, les problèmes des diplômés d'établissements d'enseignement islamiques, le manque de programmes, la faiblesse des installations techniques et éducatives, le manque d'enseignants spécialisés et une forte dépendance vis-à-vis des financements étrangers. Malgré le grand nombre d'écoles religieuses dans le pays, nos jeunes étaient envoyés des institutions étrangères. La diversité des opinions, des points de vue et des visions du monde des diplômés des universités islamiques, dans l'interprétation du droit islamique, leur comportement et leur approche des valeurs nationales kirghizes, créaient de nombreux problèmes qui existent encore aujourd’hui. La Commission d’État du Kirghizistan sur les religions et le Bureau du mufti du Kirghizistan ont accompli un travail considérable au cours des deux dernières décennies, mais des lacunes demeurent.
قرقیزستان و کلاف سردرگم اصلاحات در آموزش دینی
Nazira Ghorbanova, à droite, doyenne de la Faculté d'histoire, de sociologie et de droit de l'Université du Kirghizistan
Un projet de loi a été proposé par Ghanibek Osman Aliyev qui présidait la Commission des religions. Cependant presque tous les représentants des organisations religieuses ont voté contre ce projet et exigé qu'il ne s'ingère pas dans leurs affaires intérieures au nom du principe de la séparation de la religion et de l'état, dans la constitution kirghize. 
 
Mais au cours de la sixième année, le gouvernement a entamé une réforme religieuse sérieuse. Les membres de l’Administration kirghize des muftis admettent à présent que l’inclusion de leçons non religieuses dans les programmes des établissements d’enseignement islamique a été bénéfique pour les étudiants qui sont devenus des membres à part entière de la communauté et ont vu leurs diplômes approuvés par le gouvernement. Les diplômés d'établissements d'enseignement islamiques ont pu être employés dans les universités publiques.
 
Le nombre d'établissements d'enseignement islamiques augmente chaque année, selon la Commission d'État sur les affaires religieuses. Les pays voisins comme le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan interdisent l'enseignement religieux à l'étranger. Au Kirghizistan, le nombre de ces institutions est 10 fois plus élevé mais les études à l’étranger ne sont pas interdites.
 
Les statistiques sur les établissements d’enseignement islamique varient parce que la Commission d’État chargée des affaires religieuses tient compte du nombre d’institutions enregistrées et que le Bureau des muftis prend en compte le nombre d’institutions islamiques actives. 
 
À l’heure actuelle, pour une population de 6 millions d’habitants, nous avons un établissement d’enseignement islamique pour 50000 habitants. Au Kazakhstan, qui compte 18 millions d’habitants, il n’y a que 13 établissements d’enseignement, l'Ouzbékistan qui compte 33 millions d'habitants, dispose de trois établissements d'enseignement. Au Tadjikistan, il n'y a qu'un seul institut islamique pour une population de 9 millions d'habitants.
 
Le projet de loi sur l'éducation religieuse exige premièrement que les installations techniques et les établissements d’enseignement islamique soient conformes aux normes de construction, de santé et d’éducation. Les programmes doivent être conformes aux programmes approuvés par le gouvernement, et le niveau des enseignants doit être conforme aux normes de l'État.  Le programme des écoles religieuses propose des cours sur l’histoire du Kirghizistan, l’histoire des communautés, l’histoire des religions, des cours de langue kirghize et de littérature kirghize. Les universités doivent avoir au moins 10 cours non religieux sur l'histoire du Kirghizistan, le droit, les sciences des religions, le kirghize, le russe comme langue étrangère, la géographie, la sociologie, l'histoire mondiale, la psychologie, les sciences de l'éducation et les technologies de l'information.
 
Le Collège de Théologie est un projet pilote du gouvernement. L’Université Arabayev qui possède une expérience suffisante dans la formation de théologiens, dispose de l’espace et des installations nécessaires à la création du Collège de théologie qui connait de nombreux problèmes de budget.
 
21 groupes terroristes et extrémistes ont été découverts dans le pays depuis 2008 et leurs activités ont été interdites par divers tribunaux. La police dispose de centres spéciaux pour suivre les activités de ces groupes et effectuer une surveillance virtuelle. Des conférences sont également organisées pour les jeunes et d’autres mesures et programmes ont été prévus en termes de prévention.
 
À mesure que les conditions géopolitiques changent, les défis et les menaces changent aussi. Il y a quelques années, nous étions confrontés au problème du recrutement de troupes kirghizes et de leur déploiement dans des zones de guerre. Nous sommes maintenant face au retour d’idéologues de groupes terroristes qui ont l'expérience de l'élimination des dissidents. L’année dernière, par exemple, l’agence a publié une vidéo dans laquelle un garçon déclarait en kirghiz, qu’il se battrait avec ceux qui enseignent un faux islam au Kirghizistan. L'enquête a révélé qu’il avait été formé dans une école religieuse de la banlieue de Bishkek. Cela indique qu'il existe des problèmes dans les établissements d'enseignement islamiques qui doivent être résolu.
قرقیزستان و کلاف سردرگم اصلاحات در آموزش دینی
 
Étudiants en théologie de l'université kirghize-turque de Manas
 
La première étape dans la lutte contre l'extrémisme et le radicalisme consiste à résoudre les problèmes sociaux et économiques. De nombreux problèmes sociaux, le manque de travail et la migration des jeunes sont des facteurs qui profitent aux extrémistes et au recrutement. Par exemple, le groupe islamique Hizb ul-Tahrir, interdit au Kirghizistan, a mis en œuvre plusieurs projets sociaux pour attirer les jeunes. 
 
Malheureusement, la société dominée par l'URSS se tourne maintenant vers un islam à l'ancienne. Certains veulent que les femmes portent le niqab et les hommes, de longues barbes et des vêtements inhabituels à la campagne. L'une des raisons de cette « arabisation » est la fréquence des dons des pays arabes pour la mise en œuvre de projets islamiques et la promotion des idées, de la culture et des traditions étrangères. Un autre facteur est l’extension de leurs activités caritatives au profit des pauvres et des défavorisés du Kirghizistan. Une politique étrangère rationnelle et une politique intérieure efficace, ainsi qu'un soutien à la culture autochtone et aux valeurs nationales, sont importants pour résoudre ce problème.
قرقیزستان و کلاف سردرگم اصلاحات در آموزش دینی
Étudiants du Collège théologique gouvernemental de l'Université du Kirghizistan au marché caritatif de Nowruz
En 2014, la faculté d'histoire de l'Université a proposé de créer un cours de formation à l'enseignement religieux. De nombreuses réunions et conférences ont été organisées avec les experts de la Commission des affaires religieuses, le Ministère de l'intérieur, le Centre de lutte contre le terrorisme et des experts religieux sur l'inclusion des programmes d'enseignement religieux dans les programmes scolaires, la rédaction de manuels scolaires et la formation des enseignants.
 
Aujourd'hui, il existe deux grandes universités d'études religieuses. Les experts religieux ne souhaient pas aller dans les régions éloignées de Chattkal ou Toguz Toro pour enseigner la religion. La plupart de nos étudiants, cependant, sont des enfants d'intellectuels ruraux qui souhaitent retourner dans leur village et leur ville après l'obtention de leur diplôme et travailler dans des institutions locales. J'espère que le président tiendra ses promesses et que les enseignants recevront un salaire décent et auront la place qu’ils méritent dans la société ».

http://iqna.ir/fa/news/3835586

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