Haro sur le ministre égyptien de la Culture qui juge le voile rétrograde

9:50 - August 01, 2007
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Le Caire (IQNA)- Le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, s'est attiré de virulentes critiques pour avoir osé qualifier de rétrograde le voile, désormais porté par l'immense majorité des musulmanes d'Egypte.
Quatre-vingts députés, de la majorité à l'opposition islamique, ont exigé dimanche un débat parlementaire sur cette opinion qui marque une hostilité au voile jamais aussi clairement exprimée par un membre du gouvernement.
M. Hosni, en charge de la culture depuis 20 ans, et considéré comme proche de Suzanne Moubarak, l'épouse du président, elle-même non voilée, a déploré qu'on assiste ainsi en Egypte à "un retour en arrière".
"Les femmes avec leurs belles chevelures ressemblent bien à des fleurs. Il ne faut donc pas les cacher aux autres", a-t-il ajouté, estimant que "de nos jours, la religion s'attache beaucoup aux apparences".
Ainsi exprimée, avec une pique contre la bigoterie ambiante, la réflexion nostalgique a été immédiatement dénoncée par les islamistes comme un blasphème et un cadeau à l'Occident.
"Il tente de saper les bases propres à la nation musulmane", a tempêté Mohamed Habib, numéro deux des Frères Musulmans, le principal groupe d'opposition, pour qui le ministre veut "se jeter dans le bras de l'Occident".
Au nom de la confrérie, qui n'est que tolérée en Egypte, un député musulman Hamdi Hassan a exigé sa démission, et son remplacement par une personnalité "respectant notre Constitution et notre charia", la loi islamique.
Les critiques des milieux traditionalistes musulmans ont aussi débordé de l'Egypte.
Affirmant que l'Egypte "est le berceau de l'actuel réveil islamique", le cheikh musulman a souligné dans le quotidien Gulf Times que le port du voile était une obligation divine qui s'imposait à toutes les musulmanes.
En Arabie saoudite, le grand mufti Abdul-Aziz al-Cheikh, a qualifié sur la chaîne al-Majd la remarque du ministre égyptien de "calamité qui frappe les terres d'Islam et contredit les enseignements du Coran".
Après 30 ans de réislamisation, les femmes non voilées sont désormais surtout en Egypte très minoritaires.
Les Egyptiennes sont voilées à 80%, selon la sociologue Mona Abaza, pour qui c'est le "signe le plus réussi et le plus préoccupant de l'islamisation".


Source: Avmaroc
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