Le Collectif contre l'islamophobie en France annonce qu'il va saisir la justice à Strasbourg suite à l'affaire des photos de femmes voilées. Ces sept photos ont été prises le 21 août aux Docks d'été à Strasbourg, avant d'être postées sur Facebook par leur auteur Julia Zborovska. Les visages des femmes n'étaient pas masqués.
Sur le post on peut lire : "voilà une heure passée au Rivetoile plage à Strasbourg - capitale de l'Europe, la ville des droits de l'Homme... c'est claire ce n'est pas la ville des droits de la femme... Liberté, égalité entre hommes et femmes ? il y a plus de femmes voilées que de petites filles en petites robes et des petites jupes... moi perso ça me choque. PS : Et la peine de me parler de droit à l'image, avec leur camouflage, personne ne va les reconnaître !"
C'est au nom du féminisme que Julia Zborovska, 40 ans, affirme avoir publié ces photos sur son compte Facebook : "je suis surprise et un petit peu choquée par beaucoup de haine et de colère. Ce n'était pas le but de provoquer ce conflit. Mon message était plus féministe que raciste. Mon seul regret est de ne pas avoir caché les visages des femmes. Ce sont les tenues que je voulais prendre en photo. Je suis tout sauf raciste, fasciste ou nationaliste".
Ce post reprend la thèse de l'invasion musulmane" - Lila Charef du Collectif de lutte contre l'islamophobie en France
Sauf que son post a été largement diffusé et commenté sur des sites identitaires, racistes et xénophobes et a suscité l'indignation du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). "Ce post reprend ni plus ni moins la thèse du grand remplacement développée par l'extrême droite, celle de l'invasion musulmane", explique Lila Charef, qui co-dirige le CCIF. "Sans compter que ce sont des clichés volés de femmes qui profitaient tranquillement de la plage de Strasbourg".
Le collectif a annoncé son intention de saisir le parquet de Strasbourg et va demander à l'employeur de la jeune-femme, une salle de fitness de Bischheim, où elle officie comme coach, de la sanctionner. Son post a également provoqué la colère de plusieurs clients de cette salle qui appelaient à la boycotter.
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