14:28 - August 25, 2026
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Un accord de La Mecque peut-il renforcer l’unité du monde islamique ?

IQNA-L’accord de défense et de sécurité conclu entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan intervient dans un contexte de transformation de l’ordre sécuritaire en Asie occidentale.

L’accord de défense et de sécurité conclu entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan intervient dans un contexte de transformation de l’ordre sécuritaire en Asie occidentale.

Lors d'une interview accordée à IQNA, le penseur pakistanais Ghayour Ghaleb, a  expliqué que cet accord peut constituer une occasion de remédier à certaines faiblesses persistantes de l’unité islamique. 

 

Selon lui, son efficacité dépendra toutefois de sa capacité à dépasser le cadre tripartite et à s’ouvrir à d’autres pays musulmans, notamment pour faire face à l’injustice, à l’oppression et à l’occupation du régime sioniste.

 

Un premier pas vers une coopération islamique plus large

 

Ghayour Ghaleb, éminent religieux pakistanais, spécialiste des questions religieuses et politiques et acteur social et civique, considère la conclusion de cet accord comme une initiative positive. Il rappelle que l’idée d’une alliance entre les pays musulmans afin de défendre leurs intérêts communs et de résister à l’oppression a longtemps été défendue par des dirigeants et des penseurs musulmans, notamment l’imam Khomeiny.

 

Pour lui, l’idéal aurait été que l’ensemble des pays islamiques et leurs dirigeants participent dès le départ à une alliance commune. Une telle structure aurait permis de donner à l’accord une portée plus importante et de faire bénéficier l’ensemble du monde musulman de ses résultats. Il souligne néanmoins que la possibilité pour d’autres pays de rejoindre cette alliance constitue un élément encourageant.

 

Gaza : une occasion manquée pour les pays musulmans

 

Interrogé sur le fait que cette coopération n’ait pas été mise en place dès le début de la guerre à Gaza, Ghayour Ghaleb estime que les pays musulmans auraient dû agir collectivement à ce moment-là. Il rappelle les souffrances subies par les Palestiniens, notamment les femmes et les enfants, ainsi que les destructions et les déplacements de population dans la bande de Gaza.

 

À ses yeux, une alliance islamique aurait alors pu constituer une réponse collective à cette situation. Il regrette également que les pays musulmans n’aient pas davantage ouvert leurs frontières aux Palestiniens déplacés et que seule une partie des États musulmans ait clairement dénoncé les violences.

 

Il estime toutefois qu’il n’est pas trop tard. Si les pays musulmans parviennent à dépasser leur passivité et à adopter une position commune face à l’occupation, ils pourraient encore construire une alliance forte, capable de défendre les droits des populations victimes d’injustice.

 

Une alliance qui doit dépasser le cadre militaire

 

Pour Ghayour Ghaleb, l’efficacité réelle de l’accord entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan dépendra avant tout de son caractère inclusif. Si son objectif consiste à protéger les pays musulmans et à lutter contre l’oppression et l’injustice, il pourrait représenter une étape importante.

 

Mais le penseur pakistanais estime qu’il ne devrait pas rester limité à une coopération militaire entre trois États. Il aurait souhaité que des consultations avec les autres pays musulmans soient engagées avant la conclusion de l’accord, afin de construire une structure plus large et plus cohérente.

 

Selon lui, si l’accord permet effectivement à d’autres États musulmans de participer et s’appuie sur un cadre global et structuré, il pourrait contribuer à une coopération durable au sein du monde islamique et renforcer sa capacité à relever les grands défis auxquels il est confronté.

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