IQNA-Lors d’une réunion du Conseil supérieur de l’Assemblée mondiale de l’éveil islamique, organisée vendredi 28 août à Téhéran en marge de la 40ᵉ Conférence internationale de l’unité islamique, plusieurs responsables religieux et intellectuels ont discuté des moyens de résoudre la question palestinienne.
Les participants ont notamment défendu l’idée d’un référendum en Palestine, présentée comme une proposition rationnelle et réalisable. Ils ont également insisté sur le rôle de la résistance, l’unité du monde musulman et la nécessité d’une mobilisation internationale pour soutenir le peuple palestinien.
Mohammad Hassan Akhtari, secrétaire général de l’Assemblée mondiale de l’éveil islamique, a ouvert la réunion en évoquant le projet de référendum en Palestine attribué au « dirigeant martyr de la Révolution ». Il a qualifié cette proposition de précieuse, fondée sur des principes et rationnelle. Selon lui, l’organisation d’élections en Palestine constituerait la meilleure voie pour contribuer à sauver la Palestine et mettre fin aux agressions et aux crimes du régime israélien. Il a estimé que la mise en œuvre de ce projet pourrait favoriser la sécurité, la concorde et l’unité entre les peuples musulmans. À ses yeux, un tel processus permettrait d’écarter Israël et d’ouvrir la voie à la paix et à la stabilité dans la région.
Hossein Mohammadi Sirat, représentant du bureau chargé de la préservation et de la publication des œuvres de l’ayatollah Ali Khamenei, a rappelé que la proposition de règlement de la question palestinienne évoquée par ce dernier remonte à près de quatre décennies. Il a souligné que le référendum n’était donc pas une idée nouvelle. Il a distingué deux approches : une approche occidentale et une approche fondée sur la résistance. Selon lui, la première présente des insuffisances, notamment parce qu’elle repose, dans sa conception américaine, sur la légitimité du régime israélien et sur la négociation. Il a affirmé que, dans cette vision, la résistance constitue la voie permettant d’amener les adversaires à accepter le choix du peuple palestinien. Il a ainsi présenté la résistance et le référendum comme deux dimensions complémentaires d’une même solution.
Hassan Abdullah, président du conseil d’administration du Rassemblement des oulémas musulmans du Liban, a décrit la résistance comme une véritable confrontation entre ce qu’il présente comme le camp du droit et celui du mal. Il a estimé que beaucoup étaient désormais convaincus qu’une solution américaine ne pouvait servir les intérêts du peuple palestinien, rappelant qu’Israël avait, selon lui, occupé la Palestine. Il a accordé une grande importance au projet de référendum et appelé à prendre des mesures concrètes pour le mettre en œuvre. Il a notamment demandé aux États et aux populations favorables à la Palestine de coordonner leurs efforts avec l’Iran. Hassan Abdullah a également proposé la création d’un comité chargé de suivre le projet et de préparer les conditions nécessaires à l’organisation d’un référendum. Il a insisté sur le rôle de personnalités intellectuelles capables de faire connaître cette proposition à travers les médias et les réseaux sociaux.
Cheikh Zohair Jaïd, coordinateur du Front d’action islamique au Liban, a évoqué les pressions militaires, sécuritaires et économiques auxquelles l’Iran est confronté. Il a souligné que, depuis la victoire de la Révolution islamique, l’Iran avait placé la question palestinienne au centre de ses préoccupations et avait constamment défendu la Palestine et la mosquée Al-Aqsa. Selon lui, les pays arabes n’ont pas proposé d’initiative permettant de résoudre la question palestinienne. Il a donc salué la proposition iranienne et appelé l’ensemble des acteurs à œuvrer à sa concrétisation.
Cheikh Mahmoud Qaddour, président du Conseil islamique alaouite du Liban, a estimé que l’Iran ne devait pas porter seul la responsabilité considérable liée à la mise en œuvre d’un référendum en Palestine. Il a appelé les autres pays à lui apporter un soutien global. Il a également affirmé que l’Iran avait subi d’importantes pertes en raison de son soutien à la Palestine. Pour lui, il est nécessaire de combattre les divisions et d’appeler à l’unité, l’objectif étant de parvenir à une Palestine dont Jérusalem serait la capitale.
Abbas Khamehyar, ancien conseiller culturel de la République islamique d’Iran au Liban, a affirmé que la Palestine occupait depuis longtemps une place profonde dans la conscience collective des Iraniens. Il a rappelé que, dans l’histoire contemporaine de l’Iran, de nombreuses personnalités avaient soutenu la Palestine depuis le début de son occupation. Il a également évoqué le slogan « Aujourd’hui l’Iran, demain la Palestine », lancé après la Révolution islamique, pour illustrer la continuité du soutien iranien. Il a déclaré que Téhéran poursuivait aujourd’hui son soutien à la Palestine dans les domaines économique et militaire. Il s’est ensuite interrogé sur le degré d’unité et de cohésion des oulémas musulmans et les a appelés à se mobiliser pour soutenir le peuple palestinien. Il a souhaité que les populations d’autres pays rejoignent également cette mobilisation.
Cheikh Hassan al-Baghdadi, membre du Conseil central du Hezbollah libanais, a déclaré que la question palestinienne constituait la principale question de la communauté musulmane et que chacun avait la responsabilité d’aider, dans la mesure de ses moyens, le peuple palestinien à libérer sa terre. Il a estimé que plusieurs pays de la région n’avaient pas suffisamment pris conscience des dangers qu’il attribue à Israël, pensant que ceux-ci ne concernaient que les États voisins de la Palestine. Selon lui, les événements ont montré que les risques liés aux États-Unis et à Israël ne se limitaient pas aux pays frontaliers. Il a appelé à prendre en considération la pensée du « dirigeant martyr » et de son successeur, l’ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme l’absence d’éthique dans les actions occidentales et américaines, tout en soulignant que la République islamique d’Iran et la résistance devenaient, selon lui, chaque jour plus fortes malgré les pressions.
Seyyed Ahmad Abdolmalek, du Yémen, a remercié les organisateurs de la réunion et souligné que certains considéraient encore la Palestine comme une question secondaire. Il a affirmé qu’au Yémen, le soutien total à la Palestine constituait au contraire une préoccupation majeure. Il a également évoqué les difficultés rencontrées par son pays dans le domaine médiatique, affirmant que la voix de ce qu’il appelle le front de la résistance n’avait pas suffisamment été entendue dans le monde. Malgré les difficultés économiques et la pauvreté, il a assuré que les Yéménites ne renonçaient pas à leur soutien à la Palestine. Il a enfin évoqué ce qu’il considère comme une forte censure médiatique internationale, donnant l’exemple de son propre voyage à Téhéran après avoir eu, pendant la guerre, l’impression que la ville avait été entièrement détruite.
Cheikh Mansour Mandour, religieux d’Al-Azhar en Égypte, a abordé les difficultés actuelles du monde musulman. Il a estimé que le Prophète avait, dès le début de sa mission, annoncé certaines caractéristiques de la situation que connaissent aujourd’hui les musulmans, notamment l’amour excessif du monde matériel et la crainte de la mort. Selon lui, certaines personnes renoncent aujourd’hui à leur conscience, feignent l’ignorance et occupent pourtant des positions de pouvoir. Il a expliqué que la liberté, dans la conception islamique, ne consiste pas à obtenir tout ce que l’on souhaite, mais à considérer les musulmans comme les membres d’un même corps et à partager leurs préoccupations. Il a enfin présenté la peur de la mort comme un défaut moral et reproché à certains dirigeants musulmans d’être absorbés par les intérêts terrestres et d’avoir oublié le djihad.
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