0:01 - September 09, 2026
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Le scandale d’une campagne Adidas met en lumière la situation des amputés de Gaza

IQNA-Une campagne publicitaire locale d’Adidas, mettant en avant un ancien soldat israélien amputé d’une jambe, a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux.

Une campagne publicitaire locale d’Adidas, mettant en avant un ancien soldat israélien amputé d’une jambe, a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux

Alors que cet homme présentait un service destiné aux personnes amputées, des Palestiniens ayant perdu un membre à Gaza dénoncent, eux, les difficultés considérables qu’ils rencontrent pour obtenir des prothèses, des pièces adaptées et des soins de rééducation.

Face aux réactions, Adidas Arabia a présenté ses excuses et indiqué qu’il s’agissait d’une initiative locale.

Une publicité qui provoque l’indignation

La campagne mettait en scène Shalev Biton, ancien soldat de l’armée israélienne ayant perdu une jambe, pour promouvoir le service « une seule chaussure » d’Adidas. Ce dispositif est destiné aux personnes amputées ou à celles qui n’ont besoin que d’une chaussure.

Cette campagne a particulièrement choqué plusieurs Palestiniens amputés dans la bande de Gaza. Omar Haliwa, un Palestinien de 14 ans, a perdu une jambe alors qu’il se rendait chercher de l’eau lors d’une attaque israélienne. Plusieurs de ses proches qui l’accompagnaient ont également été tués.

Le jeune homme explique que la perte de sa jambe a bouleversé sa vie et que ses démarches pour obtenir une prothèse adaptée ont été entravées à plusieurs reprises par le manque de matières premières dans les centres de fabrication de Gaza. Pour lui, voir un ancien soldat israélien bénéficier de services spécialisés est particulièrement douloureux alors que de nombreux enfants et jeunes Palestiniens amputés peinent à obtenir les équipements les plus élémentaires.

A Gaza, des prothèses difficiles à obtenir

Kifah Al-Fakhouri, qui a perdu une jambe lors d’une attaque israélienne contre un café situé sur le littoral de Gaza, a également déclaré avoir été profondément choqué par la campagne. Il souligne que des milliers de personnes amputées vivent dans la bande de Gaza sans disposer des moyens nécessaires pour se soigner ou retrouver une mobilité normale.

Selon lui, certaines prothèses disponibles à Gaza sont trop lourdes ou inadaptées à une utilisation quotidienne. Les personnes amputées ont besoin de prothèses modernes, d’articulations, de pièces de rechange et d’accessoires adaptés afin de pouvoir reprendre leurs activités et se déplacer plus facilement.

Ahmed Jawadi Al-Balawi, qui a lui aussi perdu une jambe pendant la guerre, affirme que sa prothèse s’est rapidement détériorée et nécessite des réparations. Il explique que de nombreux amputés sont contraints d’utiliser des prothèses anciennes ou mal adaptées et rencontrent également des difficultés pour trouver des chaussures et des accessoires compatibles.

Nabil Abdullah Mahmoud Ibrahim a perdu une jambe dans une attaque de drone israélien alors qu’il jouait au football avec d’autres enfants dans un refuge accueillant des déplacés dans le nord de Gaza. Il estime que les Palestiniens amputés devraient bénéficier du même soutien et des mêmes possibilités que les autres personnes confrontées à des handicaps similaires.

Plus de 8 000 amputés selon le ministère de la Santé de Gaza

Munir Al-Barsh, directeur général du ministère de la Santé de Gaza, affirme que les estimations font état de plus de 8 000 Palestiniens ayant perdu un membre depuis le début de la guerre, dont plus de 3 000 enfants.

Il précise que Gaza dispose de spécialistes capables de fabriquer et d’installer des prothèses. Toutefois, les restrictions concernant l’entrée des matières premières et des équipements médicaux empêchent de nombreux patients d’obtenir des dispositifs adaptés à leurs besoins.

Dans ce contexte, Al-Barsh appelle les organisations internationales et les grandes entreprises à soutenir les personnes amputées palestiniennes et à contribuer à l’acheminement des prothèses et des équipements de rééducation.

La polémique autour d’Adidas s’est amplifiée après la diffusion des images de la campagne sur les réseaux sociaux. Des utilisateurs favorables à la cause palestinienne ont comparé l’accès de l’ancien soldat israélien aux services spécialisés avec la situation des amputés de Gaza, tandis que des appels au boycott de la marque se sont multipliés.

Adidas Arabia a finalement présenté ses excuses, affirmant que l’image utilisée dans cette campagne locale avait suscité de fortes réactions et des inquiétudes. L’entreprise a déclaré qu’elle n’avait jamais voulu provoquer d’offense ou de détresse et a précisé que cette initiative était locale, et non une campagne mondiale.

Pour les amputés de Gaza, toutefois, cette controverse dépasse largement le cadre d’une publicité : elle met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées des milliers de personnes qui attendent encore de pouvoir retrouver une mobilité et une vie quotidienne plus normales.

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