IQNA-Pendant 500 ans, l'école islamique Mir-i arab a joué un rôle important dans l'éducation islamique en Asie centrale.
La médersa religieuse Mir-i Arab, inscrite dans le patrimoine historique de la vieille ville de Boukhara, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, joue depuis près de cinq siècles un rôle important dans le développement de la culture et de la pensée islamiques en Asie centrale, mais aussi dans les régions voisines, en Russie, dans le Caucase et en Azerbaïdjan.
De nombreux grands muftis russes nés durant la période soviétique y ont reçu leur formation religieuse. Outre son ancienneté et sa réputation, la médersa bénéficiait d’une autorisation officielle du pouvoir soviétique, ce qui en faisait l’un des rares établissements religieux autorisés à fonctionner pour les musulmans.
L’établissement doit son nom à Sayyed Abdullah al-Yamani, plus connu sous le nom de Miri Arab (« l’émir arabe »), originaire du Yémen. À son initiative, la construction de la médersa, située à l’est de la mosquée Kalyan, commença en 1530 (936 de l’Hégire). Miri Arab mourut avant son achèvement. Selon ses dernières volontés, son gendre, le cheikh Zakariya, termina les travaux en 1536 (942 de l’Hégire).
Reconnaissable à ses deux grands dômes bleus, la médersa possède une entrée sur son côté ouest. La mosquée se trouve sous le dôme de droite et le mausolée sous celui de gauche. Son intérieur est richement conçu : quatre grandes voûtes séparent les cellules, décorées de motifs en forme d’étoiles.
La bibliothèque conserve également des manuscrits et des ouvrages lithographiés considérés comme faisant partie du patrimoine culturel et spirituel du lieu. Le bâtiment, qui compte deux étages et 114 pièces, en référence au nombre de sourates du Coran, est connu dans le monde islamique aussi bien pour son architecture que pour sa fonction éducative.
Son architecture, caractérisée notamment par le bleu profond, des mosaïques complexes et un usage élaboré de la géométrie, est fortement influencée par les traditions architecturales persanes timourides et safavides. Cette influence a contribué à faire de la médersa un symbole de la civilisation irano-islamique commune.
Les liens avec l’Iran peuvent notamment être observés à travers les échanges entre maîtres et étudiants, l’unité de l’espace scientifique persanophone et les interactions entre les écoles de jurisprudence et de théologie de Boukhara et celles de Khorassan et d’Iran. À cette époque, les frontières politiques entre l’Iran et l’Asie centrale étaient beaucoup plus fluides qu’aujourd’hui et la langue persane occupait une place majeure dans la littérature, la diplomatie et les textes savants.
Sous l’Union soviétique, les activités de la médersa furent suspendues avant de reprendre en 1945. Plusieurs figures religieuses connues en sont diplômées, notamment Ravil Gainutdin, président du Conseil des muftis de Russie, Talgat Tadzhuddin, cheikh al-Islam et grand mufti de Russie, ainsi qu’Akhmad Kadyrov, premier président de la Tchétchénie.
4375650