Centrafrique : 1 300 musulmans quittent Bangui

8:04 - April 28, 2014
Code de l'info: 1400412
Bangui(IQNA)- Environ 1 300 musulmans, qui se terraient en périphérie de Bangui et étaient fréquemment attaqués par des milices à majorité chrétienne, sont partis dimanche 27 avril dans un imposant convoi, escortés par la force africaine Misca à destination du nord de la Centrafrique.

Dix-huit semi-remorques, chargés de biens, sur lesquels étaient assis les déplacés, ont quitté la capitale en milieu de journée, sous protection d'un lourd dispositif militaire de la force d'interposition africaine en Centrafrique.
 

Juste après leur départ, des centaines de jeunes, qui se tenaient en attente à quelques dizaines de mètres des camions, ont afflué sur le PK-12, le Point kilométrique 12, où vivaient les musulmans, pour piller la zone.

VICTIMES D'ATTAQUES D'ANTI-BALAKA

Les 1 300 déplacés, qui avaient déjà fui leurs domiciles pour occuper le PK-12, s'étaient retrouvés piégés il y a cinq mois dans cet étroit couloir sur la route menant vers le nord du pays, alors qu'ils souhaitaient déjà monter dans des convois humanitaires à destination du Tchad.

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Ils étaient depuis lors régulièrement victimes d'attaques d'anti-balaka (milices majoritairement chrétiennes). Ces groupes de jeunes s'en prennent particulièrement aux musulmans pour, disent-ils, venger les chrétiens, majoritaires dans le pays (environ 80 %), des graves exactions infligées par l'ex-rébellion Séléka, à dominante musulmane, lorsqu'elle était au pouvoir, de mars 2013 à janvier 2014.

Les déplacés iront vivre à proximité de la frontière tchadienne. Quelques milliers de musulmans survivent encore à Bangui, dans le quartier PK-5, protégés par les soldats burundais de la Misca.

Voir le portfolio : La longue fuite des musulmans centrafricains

UNE OPÉRATION « UNILATÉRALE », SELON BANGUI

Le gouvernement centrafricain a dénoncé une opération « unilatérale ». « Alors que le gouvernement n'avait pas encore notifié de décisions », suite à deux rencontres avec les organisations humanitaires, « grande a été sa surprise » de constater que ces dernières avaient décidé « unilatéralement » d'organiser cette opération, s'indigne la ministre de la santé Marguerite Samba-Maliavo dans un communiqué.

Les relocalisations « effectuées à l'insu et contre le gré du gouvernement » sont « dommageables » et ne sont « pas de nature à entretenir un climat de confiance », souligne la ministre.

Les forces internationales n'ont « pas vocation à participer aux opérations unilatérales de délocalisation des personnes déplacées », poursuit-elle, en référence aux militaires africains de la Misca qui ont encadré l'opération. Le gouvernement, qui s'interroge sur « la neutralité et l'objectivité » de ses partenaires humanitaires, « entend tirer dans un bref délai toutes les conséquences qui s'imposent », conclut Mme Samba-Maliavo.

Source: lemonde

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