Les responsables de la mosquée du Prophète accusées de discrimination

9:51 - July 18, 2014
Code de l'info: 1430748
Arabie Saoudite(IQNA)- Plusieurs femmes accusent de racisme les responsables de la mosquée du Prophète à Médine.

Elles ont été forcées à quitter la place Al-RawdahAl-Sharif située entre l'estrade et la salle du Prophète Mohamed, quelques minutes seulement après leur accès au profit des Saoudiennes et des femmes du golfe. Leur témoignage au quotidien Saudi Gazette est accablant.

Les femmes pèlerins seraient-elles victimes de racisme en Arabie Saoudite ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs d’entre elles qui étaient en pèlerinage à la mosquée du Prophète à Médine. Elles ont été forcées à quitter la place Al Rawdah Al-Sharif (située entre l'estrade et le tombeau du Prophète Mohamed) par les superviseures, quelques minutes seulement après leur entrée au profit des Saoudiennes et des femmes du golfe. Leur témoignage à Saudi Gazette est des plus accablants.

« La responsable qui supervisait les lieux nous a fortement réprimandées et nous a dit que ce n'était pas une salle de mariage ». « Nous étions seulement en train d’exprimer notre joie », déplore Zainab Abdul Fadeel, une Egyptienne. « Elle a été rude et impitoyable avec nous parce que nous étions des étrangères. Nous sommes toutes musulmanes. Il n'y a aucune raison à cette discrimination raciale », a pesté l’Egyptienne.

Saoudiennes et femmes du golfe à part

Si son cas pourrait faire penser qu’il s’agit d’un acte isolé, d’autres témoignages montrent bel et bien le contraire. « J'ai été choquée par cette disparité flagrante. La mosquée n'est pas pour tous les musulmans?, s’est demandé Houda Bent Ismael. Cette Marocaine, originaire de la ville de Fès, s’est sentie « blessée » quand elle a entendu une superviseure dire aux Saoudiennes de se ranger d'un côté et aux étrangères de l’autre.

D’autres ont également dénoncé l’attitude des responsables de la mosquée. « Cela ne devrait pas se produire dans la grande mosquée de Médine », a pesté Salma Abou Qrait, une visiteuse algérienne. Pour la Turque, Khadija Abdul Hameed, cette discrimination n’a pas sa place dans un lieu saint. « Quel est le problème si je priais entre deux femmes, l'une Indonésienne et l’autre Nigériane? », se demande-t-elle. 

Les responsables ne nient pas la séparation par nationalité

Les visiteuses sont également furieuses par rapport au temps très court qu’elles passent sur les lieux. « Je voulais tellement passer plus de temps à Al-Rawdah à prier et à réciter le Coran. Ce simple rêve ne s'est pas réalisé parce que les superviseures saoudiennes m'ont virée après un court temps passé là-bas », a dénoncé une Palestinienne âgée, Zahia Ammar.

Pourtant, les responsables semblent appliquer les règles qui régissent les lieux. Le directeur de l'information et des relations publiques à la présidence des affaires de la mosquée du Prophète, Cheikh Abdul Wahid Al-Hattab, a indiqué que  les visiteuses devaient être expulsées rapidement d'Al-Rawdah afin de permettre aux autres femmes d’avoir l’occasion de prier sur les lieux. Al-Hattab n’a en revanche pas nié la séparation des femmes selon leur nationalité. « Nous organisons l'entrée des femmes à la mosquée pour éviter les bousculades. Il est beaucoup plus facile de les faire entrer en fonction de leur pays ou de leur nationalité », a-t-il souligné.

« Il est vrai que les femmes saoudiennes et du CCG (Conseil de coopération du golfe) sont regroupées. C'est comme le regroupement des pèlerins lors du Hajj », a expliqué Al-Hattab. Pour ce dernier, « c’est plus pratique et cela n’engendre pas de problèmes entre visiteurs ».

Source: yabiladi

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