Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP",
très applaudi, l'humoriste Dieudonné est venu manifester son soutien à l'UOIF pour "un combat commun pour l'égalité".
"Il y a un destin commun (entre les musulmans et les Africains, ndlr) dans l'injustice, la discrimination à l'embauche et au logement", a-t-il déclaré à la presse lors de cette visite effectuée dans "le cadre de sa campagne présidentielle".
La députée UMP Christine Bouttin a pour sa part vivement défendu à la tribune la "République laïque", soulignant sous les applaudissements que la "liberté religieuse permettait à chacun de croire ou de ne pas croire, d'adhérer à la religion de son choix, d'afficher publiquement ses croyances".
Devant le congrès, plusieurs intervenants ont appelé à la construction de davantage de mosquées dans les villes de province.
Pour autant, il n'est "pas question de nous poser en victimes", a affirmé Lhaj thami Breze, président de l'UOIF, généralement considérée comme proche de la mouvance des Frères musulmans. Il a affirmé attendre jusqu'à 100.000 personnes d'ici lundi, jour de la fin du congrès.
Soulignant malgré tout "l'augmentation" du nombre de mosquées en France, le théologien cheikh Ahmed Jaballah a demandé aux musulmans d'être "sans crainte", "malgré les difficultés" qu'ils rencontrent dans l'exercice de leur culte.
"Un bon musulman est un bon citoyen. Nous vivons dans un contexte républicain, laïque, et il faut le respect des convictions de chacun", a-t-il ajouté, appelant avec insistance à "la modération, éloignant la rigueur excessive tout comme le relâchement".
"Il est parfaitement citoyen de demander la liberté d'expression, de religion, et aussi de nous insurger contre des caricatures qui dénigrent notre prophète", a déclaré un autre responsable musulman, Bachir Boukhzer, dans une allusion à la récente affaire des "caricatures" de Mahomet publiées dans des journaux européens.
"La religion musulmane suscite intérêt, interrogation, méfiance voire rejet. Et ces sentiments sont sans cesse nourris par des campagnes médiatiques qui ne sont généralement pas de nature à apaiser les esprits", affirmait un texte inséré dans le programme officiel de ces journées.
Présent au Bourget, le secrétaire général de la Conférence internationale de la jeunesse islamique, le Saoudien Saleh al-Wohaibi, a mis en garde contre "la désintégration du sentiment religieux qui menace la jeunesse".
Mais "il n'y a pas de place pour l'extrémisme. Il faut admettre le pluralisme culturel comme une composante de l'humanité, et il y a une seule valeur universelle: la foi", a-t-il encore dit, ajoutant: "il serait inadmissible que la mondialisation se traduise en uniformisation, ce serait un nationalisme excessif, un racisme".
Le nom du président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, a été sifflé lorsque le prêtre catholique Michel Lelong l'a critiqué pour avoir jugé l'islam "incompatible" avec la République.
Pour le pasteur Marcel Manoel, les différentes religions affrontent "de façon commune une société moderne, sécularisée et laïque". "La vraie foi ne peut s'épanouir que dans la liberté", a-t-il ajouté.
Parmi les invités du congrès figure notamment Hani Ramadan, dirigeant du Centre islamique de Genève, frère de Tariq Ramadan et petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens Hassan al-Banna. En 2002, il avait défendu l'application de la charia et la lapidation des femmes adultères.