Cameroun (IQNA)-Le Coran, un apprentissage qui ne finit pas

13:35 - November 08, 2006
Code de l'info: 1507284
Moins d’un mois après la rupture du jeûne du mois de Ramadan, les écoles coraniques reprennent du service.


Marché central de Douala, un vendredi après midi. Des voix aux sons discordants indiquent que nous sommes dans une école coranique. Là, les jeunes de tous âge sont assis, chacun ayant pris soin de se munir d’un coran. Les plus jeunes, prêts à être initiés, ont chacun une sorte d’ardoise à la tête un peu ressortie. On y écrit l’alphabet. Chacun répète la tâche qui lui a été donnée la veille, question d’assimiler, en attendant le précepteur, qui viendra attester si les enfants ont effectivement retenu la leçon. Cette assimilation se fait à haute et intelligible voix, sans aucun souci, ni attention pour le voisin. Une fois le maître présent, tout le monde se tait. Les plus jeunes, qui doivent s’initier à l’alphabet sont confiés à leurs aînés ayant une connaissance un peu avancée. A l’heure de la prière, c’est la fin de la journée coranique et le rendez-vous est donné le lendemain, pour d’autres études.
En période de jeûne, les écoles coraniques sont fermées pour permettre aux enfants de rester à côté de leurs parents et de respecter le carême. Après un mois de repos, ces écoles sont de nouveau ouvertes. Jeunes et moins jeunes y sont conviés. comme explique Ali Hamann muezzin à la mosquée centrale de Douala “ à partir de 4 ans, un enfant doit déjà faire partie d’une école coranique, où on lui apprend l’alphabet. ”
Le Coran a 60 sourates. Idris Mofiro, enseignant du coran, explique ce qui sanctionne la fin de l’étude coranique : “ A la fin de l’étude des 60 versets “ isibi ”, il n’y a pas de diplôme qu’on vous décerne, mais on organise une cérémonie pour faire le “ douha ” (invocation divine Ndlr) et encourager ceux qui n’ont pas encore fini comme vous. A cet effet, on fait des sacrifices pour glorifier Allah.” il existe des titres pour ceux qui ont une connaissance accentuée du coran : “ lorsqu’on a maîtrisé tout le coran, et qu’on peut expliquer et enseigner, on peut être appelé “ Modibo ”, “ Oustaz ”. Par abus de langage, on appelle souvent ceux qui ont lu les 60 sourates “ Moualim ”.” Toutefois, il faut noter que l’apprentissage du coran ne finit pas et qu’on est tous les jours soumis à quelque chose de nouveau.

Modernisation
Les écoles franco-arabes offrent ces dernières années une certaine modernisation de l’enseignement du Coran. Elles dispensent à la fois les études francophones et arabes. En plus du coran, l’on y apprend la langue arabe, oral et écrit. L’école franco-arabe de Douala est située en face de la prison centrale de New Bell. Contrairement à l’école traditionnelle où on apprend seulement le coran, l’école franco-arabes offre des enseignements meilleurs, grâce aux enseignants qualifiés.

Source : Le Messager
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