Niger (IQNA)- Les associations islamiques du Niger et le mouvement de réislamisation

9:45 - June 09, 2007
Code de l'info: 1552058
« Les associations islamiques du Niger et le mouvement de ré islamisation », c’est le thème de la thèse de doctorat d’Histoire d’un nigérian Hassane Souley qui a courageusement obtenu la mention très honorable.
Notre compatriote Hassane Souley a soutenu avec brio sa thèse de doctorat d’Histoire, le 2 mai dernier, à l’université d’Aix-Marseille I - université de Provence, en France, sur le thème : «Les associations islamiques au Niger et le mouvement de ré islamisation, 1960-2004». Au regard de la qualité du travail, le jury lui a décerné le grade de docteur d’Etat avec mention très honorable et félicitations du jury.
L’Etat et l’islam ont connu depuis 1960 des rapports, en deux temps. Premier moment, de 1960 à 1990 où l’Etat avait un contrôle effectif de l’islam par le biais des grands marabouts qui légitimaient le pouvoir politique au nom de «l’intérêt supérieur de la nation».
En reconnaissance de cette collaboration, l’Etat prenait en charge les grands marabouts et garantit qu’aucun autre courant islamique ne leur fasse concurrence. Ainsi le monopartisme politique s’est accompagné d’une sorte de pensée unique islamique, unique «offre religieuse», à travers «l’islam traditionnel». Autant d’opportunités qui ont permis aux marabouts de garder la main sur le magistère islamique public et les cérémonies religieuses comme les mariages, les baptêmes…
Deuxième moment, l’année 1990 qui consacre la rupture à tous points de vue. Selon l’auteur, la disparition ou la privatisation du service public ont créé les conditions de la déstabilisation du contrôle de l’islam. L’effritement de l’autorité de l’Etat, l’absence de perspective, la crise de la «pensée unique», l’échec des politiques d’ajustement structurel…ont créé un vide, que les associations islamiques se sont proposées de combler. Il y eut alors une floraison d’associations, qui contestent le leadership des marabouts affiliés à l’Etat.
Néanmoins, indique l’auteur, les nouveaux réseaux politico-religieux, où s’enchevêtrent intérêts islamiques, enjeux politiques et stratégies étatiques affaiblissent le travail des associations islamiques. Il relève le hiatus entre la volonté de l’Etat de combattre le développement d’un mouvement islamique radical et les actes qu’il a posés à travers le serment confessionnel, la création d’un conseil islamique national et d’un ministère des Affaires Religieuses.
A la fin de son travail qui a duré six ans, l’auteur est sorti inquiet face à la géopolitique de l’islam en Afrique de l’ouest, qui connaîtra un processus de déstabilisation interne dont la religion ne sera qu’un prétexte, à l’instrumentalisation des contradictions ethniques et religieuses... Autant de travers qui hypothéqueront durablement l’avenir des générations futures, sur fond de misère, de corruption, de crimes et pillages des biens publics. La déstabilisation de nos sociétés se fait à «huis clos» par la misère, la pauvreté, l’ethnocentrisme et les conflits inter religieux artificiels, s’indigne l’auteur, qui appelle à la résistance.

Source: Le Républicain Niger
captcha