La banque islamique de développement cultive une particularité qui la différencie des autres bailleurs de fonds. Sa puissance financière sert une mission première : la promotion du développement économique et du progrès social des pays membres et des communautés musulmanes en conformité avec les principes de la charia.
L'institution financière de Djeddah compte cinquante-six Etats actionnaires. Vingt-sept d'entre eux dont Djibouti sont africains. Vingt six autres sont asiatiques dont six issus de l'ex-Union Soviétique.
Deux des trois derniers pays membres sont européens alors que le troisième se trouve en Amérique. Le trésor de guerre de la BID est de trente milliards de Dinars Islamiques (DI), soit l'équivalent de quarante cinq milliards de Dollars US suivant le taux de convertibilité en vigueur qui permet d'échanger un billet vert contre 1,5 dinar islamique. Les souscriptions des Etats actionnaires s'élèvent à 13, 86 milliards DI. Le capital versé atteint le montant de 2,9 milliards DI.
En outre, la banque est en mesure de lever d'autres ressources financières sur les marchés boursiers internationaux grâce à l'excellente réputation dont elle continue de jouir auprès des agences de classification.
Le groupe de Djeddah peut aussi drainer des capitaux sous forme de waqf, les fonds propres de ses filiales, des financements spécifiques et des investissements directs censés faciliter la mise en œuvre de' ses programmes de réduction de la pauvreté.
Notons que la plus connue des filiales de la BID est la société islamique pour Le financement du commerce (SIACE) dont la création remonte au mois de mai de l'année 2006. Ce nouvel levier, doté d'un capital social de trois milliards de Dollars US, comprend quarante sept pays membres dont les souscriptions cumulées sont de cinq cent millions de Dollars US. La SIACE a pour mission de consolider les activités de financement du commerce.
Celle-ci vise par ce biais un triple objectif. Citons, entre autres, l'augmentation du volume des échanges commerciaux entre les pays souscripteurs; l'amélioration des services promotionnels du commerce et l'essor du secteur privé. Ses produits financiers sont sous forme de dons, de prêts, de leasing, de participations au capital… etc.… pour les Etats actionnaires.
Son offre se limite seulement aux dons et prêts pour les projets sociaux. Ses aides d'urgence vont aux pays membres et ceux non membres. La SIACE a mis en place des garanties de financement dans le domaine du commerce. Qu'il s'agisse d'exportations, d'importations, d'assurance ou de services conseils dans les relations avec l'OMC. Le renforcement des capacités figure parmi les volets de sa stratégie opérationnelle.
Un domaine aussi vaste touche la formation, la recherche, les bourses d'enseignement et la promotion des investissements que cette filiale s'efforce de financer. L'accomplissement de tels impératifs échoit aussi au groupe de la BID qui a injecté des investissements conséquents dans les secteurs aussi variés que sont l'eau et l'énergie( 29%), les transports et communications( 27%), l'éducation et la santé( 22%), l'industrie( 13%), l'agriculture et l'agro industrie( 8%) et autres projets( 1%).
Ceci pour dire que les objectifs stratégiques du bailleur de fonds de Djeddah demeurent le resserrement de la coopération entre les pays membres, la réduction de la pauvreté, la promotion des activités bancaires et de financement conformes à l'esprit de la Chari'a. D'autres de ses projections tablent sur l'accès de la BID au rang de banque de développement de classe internationale à l'horizon 2020.
D'où le lancement de son programme futur, intitulé " vision 2020 " qui s'inspire des principes islamiques et qui est motivé par une volonté de transformer les contextes socio économiques en vigueur dans le monde musulman à coups de financements en faveur du développement humain et de la restauration de la dignité.
Un noble idéal qui repose sur de nouvelles lignes directrices comme l'esprit d'initiative, la couverture des besoins et aspirations des populations, la concertation avec les partenaires, l'encouragement de l'initiative locale et la transmission du savoir-faire plutôt que la fourniture d'un projet clé en main. Autant de références de la " vision 2020" vont moduler les interventions de la BID chez les pays membres et ceux non membres.
Source:Lanation.dj