C'est dans un recoin de la station estivale cossue de Marina, sur la côte nord, que s'abrite depuis quatre ans cette plage soigneusement cachée par des barrières de branches de palmiers, qui s'avancent jusqu'à une cinquantaine de mètres dans la mer.
Le port du voile s'étendant à toutes les classes sociales en Égypte, où le conservatisme ne cesse de gagner du terrain, quelques entrepreneurs ont senti l'aubaine: pour passer la journée à La Femme, les clientes, en majorité voilées, doivent débourser 75 livres (9 euros) en semaine, 85 le week-end.
«En tant que femme voilée, je n'ai pas d'autres options. Ou bien je pourrais mettre un maillot "char'i", mais ce n'est pas pratique», explique Marwa.
Ce costume de bain, qui tire son nom de la charia (loi islamique) et recouvre entièrement le corps, est arboré par de nombreuses femmes sur les plages mixtes d'Égypte, pays où l'écrasante majorité des femmes est voilée.
«Ici, on n'a pas à subir les regards des hommes. Sur les plages mixtes, c'est tout simplement insupportable», dit-t-elle.
En 2004, à la création de Yachmak, la première des plages réservées aux femmes en Egypte, son fondateur, Walid Mustapha, avait affirmé: «Nous ne pouvons oublier qu'en fin de compte, nous sommes une société conservatrice. Et nous devons répondre aux besoins de la communauté».
Source: cyberpresse