Contrairement à la cérémonie d'ouverture, la cérémonie de clôture des travaux de la première conférence des imams, sultans et chefs traditionnels musulmans a eu lieu avec moins d'une centaine de participants. Alors que le ministre de l'Administration territoriale et de la décentralisation, Marafa Hamidou Yaya, était annoncé il ne s'est pas pointé. C'est à un collaborateur du Minatd dont la qualité n'a pas été précisée par les organisateurs qu'est revenu l'insigne honneur de mettre un terme à ce conclave. Il était entouré pour l'occasion de l'imam de la mosquée centrale de Yaoundé, le sultan du Wandala à Mora et monsieur Moussa Oumarou, le coordonnateur général des assises de Yaoundé. Même si la cérémonie de clôture a connu plus de deux heures de retard, cela n'a pas empêché de constater que deux fauteuils sont restés désespéramment inoccupés. Signe du malaise ambiant, les multiples tractations de l'équipe chargée de la communication pour s'accorder sur la mouture finale des résolutions à remettre à la presse.
Toutefois, pour le Cheick Ibrahim Moussa, président du bureau de la conférence et imam de la mosquée centrale de Yaoundé, le fait majeur de cette première rencontre à l'échelle nationale des imams du Cameroun est "la mise en place du Haut conseil des imams et des dignitaires religieux. Organe à ne pas confondre avec le Conseil supérieur islamique du Cameroun [dirigé lui par le Minatd]". Et selon des participants rencontrés sur les lieux, certains souhaitent déjà voir cette structure naissante prendre en main la gestion des affaires de la communauté musulmane. Par exemple l'organisation du pèlerinage à la Mecque. Une prérogative que s'est arrogé le ministère de l'Administration territoriale depuis quelques années. Officiellement pour mettre un terme au désordre qui avait cours dans ce secteur. Une préoccupation qui n'a été affirmée qu'avec l'arrivée de Marafa Hamidou Yaya à la tête de ce département ministériel. Pour Njiasse Njoya Aboubakar, enseignant d'université et représentant du sultan roi des Bamouns à la conférence de Yaoundé, "le problème des musulmans au Cameroun est que les politiciens tentent de bloquer toute organisation de cette communauté et de vouloir tout contrôler".
Outre la création de ce Haut conseil des imams, les participants ont aussi exhorté les imams à entretenir les croyants sur la paix pendant tout le mois du jeûne de Ramadan qui commence ce week-end. Par ailleurs, en retournant dans leur lieu de travail, ils devraient insister sur le maintien de cette paix tant dans les prières quotidiennes que collectives du vendredi. Les organisateurs ont aussi tenu à lire une motion de soutien au président de la République. D'une part pour le remercier de les avoir permis de se retrouver. Et d'autre part pour la gestion du dossier Bakassi dans la paix. La paix, un thème qui a mobilisé ces autorités religieuses pendant 48 heures. Ils ont promis se réunir désormais chaque année et ils ont chargé les responsables de leur regroupement en gestation de se rapprocher des absents afin de resserrer les rangs.
Difficile de savoir si le message sera compris tant les clivages aux relents tribaux ont été sous-jacents au cours des assises de Yaoundé.
Source: camer