Nous invitons Qaradawi à un débat scientifique

12:31 - October 13, 2008
Code de l'info: 1696902
Téhéran(IQNA)- "Les déclarations de Qaradawi sont de vieilles accusations auxquelles nous avons répondu des centaines de fois, nous invitons une fois de plus Qaradawi à un débat".
L'Hojat-ol-islam Mohamad Reza Nourollahiyan, conseiller aux affaires de propagande et d'enseignement à l'étranger, du bureau du Guide suprême, et ancien responsable des centres d'enseignement islamique à l'étranger, s'est entretenu avec les services de l'Agence internationale de presse coranique(IQNA).
Faisant allusion aux accusations portées contre les chiites, par Qaradawi, président du Conseil international des ulémas, d'innovations religieuses, il a déclaré que dans le contexte actuel où le monde entier s'opposait à l'islam, où Bush menaçait d'entrer dans une nouvelle croisade militaire, et où la société et en particulier les jeunes, subissent toutes sortes d'assauts culturels, il n'était pas raisonnable que les musulmans, et surtout les religieux, se lancent dans des discussions médiatiques sur les problèmes de la communauté.
Nourollahiyan a souligné que ce genre de discussions devait être abordé dans des réunions privées et dans des débats scientifiques dont les résultats seraient publiés par la suite, plutôt que de les aborder au niveau des médias.
"Depuis les débuts de l'islam, les dirigeant se sont opposés aux chiites, cela n'est pas nouveau et existe encore de nos jours, et cette situation risque de continuer. Cette question a des raisons claires, scientifiques et idéologiques, dans le Livre et la Tradition. Chaque groupe a des raisons précises, et les débats permettront d'avancer, à moins qu'ils ne se transforment en débats irrespectueux et dangereux, comme l'a fait Qaradawi. Qaradawi fait partie des ulémas qui se sont battus pour la défense et la présentation de l'islam. Les religieux égyptiens sont en général très forts, nous respectons les débats de Qaradawi à la télévision et ses discours, mais fallait-il qu'il attaque, pour répondre à un journaliste, l'idéologie et les religieux d'une école islamique ?
Notre attitude consiste à répondre de façon scientifique aux religieux, cela a toujours été d'ailleurs l'attitude des ulémas chiites, pour sauvegarder l'union et la fraternité entre les musulmans. Qaradawi s'est engagé dans cette discussion juste avant la conférence et la semaine internationales de Qods, où il fallait manifester notre opposition à Olmert et au régime sioniste. Les chiites ont réussi à mener à bien la journée de Qods et à répondre de façon scientifique aux déclarations de Qaradawi.
Pour répondre à ce journaliste, il n'était pas nécessaire de gâcher la plus grande fête de l'unité, qui ne concerne pas seulement les musulmans, et qui est celle de l'opposition au régime usurpateur et aux occupants de la Palestine, à la destruction de la grande mosquée de Jérusalem, et à l'exil des Palestiniens depuis cinquante ans".
"Cela est étonnant de la part de Qaradawi qui a vécu en Egypte et connu les assauts sionistes dans le désert du Sinaï, et qui a vécu les massacres et les crimes d'Israël dans cette région. Je lui conseille de revoir la constitution de son bureau, car certaines personnalités du régime Bassiste, qui ont fui l'Irak après la chute du dictateur saddam, lui font des rapports erronés qui le conduisent à douter de personnalités telles que l'Allameh Fazlollah et l'Ayatollah Taskhiri qui sont les porte-drapeau de l'union islamique, chez les chiites.
Les discussions historiques peuvent donner naissance à de nouvelles controverses, je ne pense pas qu'il s'agisse de manigances de nos ennemis ou de l'impérialisme, et je recommande à Qaradawi d'en chercher les causes dans l'oubli des priorités et l'intérêt pour des questions marginales. Qaradawi et toute autre personnalité religieuse, n'ont pas le devoir de répondre à toute question, l'Agence de presse Mehr n'a rien à voir avec les ulémas et le monde de l'islam, et il ne lui était pas nécessaire de donner suite aux informations de cette agence.
Les idées de Qaradawi ne plaisent pas toujours aux religieux sunnites et égyptiens, ces dernières années, il a publié deux livres qui ont déplu aux musulmans, les chiites n'y ont pas répondu et ont choisi de garder le silence, alors que les religieux égyptiens et sunnites, eux, ont réagi. S'il y a des critiques à faire, c'est aux chiites d'en faire et non à Qaradawi. Nous avons bien sûr, des chiites ignorants qui insultent les califes, chez les sunnites aussi certains ignorants encouragent l'assassinat des chiites, ou organisent des attentats-suicides dans les mosquées chiites. Il se peut que Qaradawi se soit laissé influencer par ces groupes.
Qaradawi s'est plaint du fait que les chiites soient devenus si nombreux en Egypte alors qu'il n'y avait aucun chiite dans ce pays, il y a une trentaine d'années. Il accuse les chiites de propagande pour convertir les sunnites. Il faut dire que depuis 1400 ans, en Irak, en Iran, en Arabie saoudite et au Bahreïn, nous avons toujours été confrontés à un mélange de chiites et de sunnites dans les pays musulmans, et que le Chiisme remonte à l'Arabie saoudite, ce qui pourrait être une autre raison de colère pour Qaradawi.
Qaradawi a accusé les chiites d'avoir inventé une nouvelle sourate dans le saint Coran, qui se nommerait la sourate de la Wilayat, et qu'ils considéreraient que le saint Coran a été falsifié. Je demande à l'Agence IQNA de présenter la liste des 2000 livres chiites qui rejettent toute éventualité de falsification coranique, (par rapport aux deux livres qui y ont fait une simple allusion) et que ces livres soient traduits en arabe et transmis à Qaradawi.
Nous avons répondu à ces accusations à maintes reprises mais si cela est nécessaire, nous sommes prêts à participer à un nouveau débat où Qaradawi pourra participer de la façon qu'il aura choisie. Nous inviterons nos savants à y participer pour arriver à des conclusions acceptables et pour annoncer avec justice, les avis qui y auront été présentés.
Est-ce que la meilleure façon de discuter est d'accuser l'autre d'innovation ? Faut-il que les deux grandes écoles islamiques en viennent à se disputer de cette manière ? Nous n'attendions pas cela de Qaradawi. Qu'arriverait-il si l'Ayatollah Khamenei ou l'Ayatollah Sistani ou d'autres personnalités religieuses chiites prenaient de telles positions contre les attentats à la bombe ou le mitraillage de la part de sunnites, dans les mosquées chiites et les rassemblements le jour d'Achura ?
Nous agissons avec précaution il faut que les sunnites le fassent aussi. Faut-il se mettre en colère, si les gens acceptent une idéologie et apprécient une façon de penser ? Si nous n'avons pas beaucoup de sites et de moyens de propagande, cela n'est pas votre cas, à vous de faire votre propagande en toute liberté. Qaradawi au lieu de s'inquiéter des conversions au Chiisme, devrait plutôt s'inquiéter de l'abandon de l'islam. Aujourd'hui l'indifférence vis-à-vis des enseignements religieux et l'immoralité sont des questions bien plus préoccupantes.
Qaradawi accusent des chiites qui aujourd'hui, défendent le plus sincèrement les principes islamiques, le saint Coran et les frontières de la communauté.
Les chiites et les sunnites doivent surveiller les mains cachées qui travaillent à la discorde de ces deux groupes de frères. Toute indifférence détruira notre unité et les ennemis en profiteront pour autoriser Israël à faire ce qu'il veut", a-t-il souligné.
Mohamad Reza Nourollahiyan a enfin remercié l'Agence Iqna pour sa présentation juste des événements et a manifesté son souhait que ce texte soit traduit en 17 langues et soit mis à la disposition de l'opinion internationale.
"Il faut éviter à tout prix les insultes et les calomnies, respecter les ulémas et les prescriptions de l'islam qui encourage le débat dans le respect mutuel. Il faut faire confiance au débat et aux recherches des savants, et contrôler la propagande, pour empêcher ce genre de disputes, je conseille de suivre la voie du dialogue qui était celle de Qaradawi avant qu'il ne change de cap", a-t-il ajouté.
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