Des matériaux importés qui coûtent chaque année aux Sénégalais plusieurscentaines de milliards de francs Cfa. De tels résultats de recherche scientifique ont valu à Bassir, en novembre dernier, le prix Isesco (Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture) 2008 en géologie. Une distinction remise au lauréat lui-même en septembre dernier en Azerbaïdjan. Chez ce Maître de conférence qui enseigne depuis plus d’une décennie la géologie à l’Ist, sable, argile, granit, roche et radioactivité n’ont plus de secrets, surtout dans les zones minières de Kédougou où il a plusieurs fois séjourné.
Né dans le tumultueux quartier de Grand-Dakar, rien pourtant ne prédestinait Bassir à de brillantes études scientifiques. En effet, le jeune garçon, comme tant d’autres de son âge, entre d’abord à l’école coranique pour y recevoir une éducation religieuse Aujourd’hui, sa vie et ses activités quotidiennes sont empreintes de cette bonne éducation islamique.
Ce géologue nourrit deux passions opposées : le travail au labo et la mosquée de son quartier où il est imam et muezzin à ses heures libres. Sur cette dernière activité, il rectifie ses compatriotes : ‘Les Sénégalais ont une fausse image de l’imam dont ils confinent le rôle à la célébration de cérémonies familiales ou à la médiation de certaines tensions sociales. Or, il peut bien avoir des activités professionnelles, parallèlement à sa fonction d’imam’. Puis, il ajoute : ‘Le fait d’être un scientifique ne peut altérer ou être incompatible à la foi en Dieu. Au contraire, les scientifiques devraient être les plus grands croyants. Car, beaucoup de vérités scientifiques ont été démontrées dans le Coran.’
L’imam Bassir compte à son actif une vingtaine de publications scientifiques. A l’origine de son prix, la fabrication du verre local fait à partir du silice, un sable pur, proche du sable marin. Au cours de ces cinq dernières années, Bassir a également décroché un brevet de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) pour le procédé de fabrication de briques rouges à partir de matériaux locaux comme l’argile. Cependant, le chercheur déplore la non valorisation de la recherche au Sénégal. Ce faisant, il plaide pour un partenariat entre l’Université, les chercheurs, les entreprises privées et les partenaires au développement pour une vulgarisation des résultats de recherche.
Source: walf