L'expression coranique «Omolkitab» ou une bonne compréhension du Coran

9:06 - January 16, 2011
Code de l'info: 2065009
Téhéran(IQNA)- L'imam Moussa Sadr n'a pas écrit de commentaire mais nous pouvons le considérer comme un savant chez qui le Coran et la vie sont en relation continue, qui a interprété le Coran et les hadiths selon la raison et l'Ijtihad, et ressentant la place vide du Coran dans la société l'a réinséré dans la vie de tous les jours.
Soeila Piruzfar, membre du corps enseignant de l'université Firdûsî de Machhad, lors de la réunion d'étude des œuvres coraniques de l'imam Moussa Sadr, organisée au siège de l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a présenté son article sur "le Coran dans la pensée de Moussa Sadr" et déclaré que l'imam Moussa Sadr dans son commentaire estimait que l'expression coranique «Omolkitab» qui faisait référence aux versets fixes, signifiait une bonne compréhension du Coran.
"L'imam Moussa Sadr faisait allusion pour cela, au verset 7 de la sourate Ale Imran: «هُوَ الَّذِیَ أَنزَلَ عَلَیْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آیَاتٌ مُّحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ...» et à un hadith de l'Imam Ali(AS) «إذ التبست عليكم الفتن كقطع الليل المظلم فعليكم بالقرآن»: "Quand la sédition apparait de toutes parts comme la nuit, reportez-vous au Coran".
"C'est le cas dans le commentaire des versets qui portent à confusion et pour lesquels il faut se référer aux versets fixes", disait l'imam Moussa Sadr qui estimait que le Coran était compréhensible pour tous, comme le sous entend le verset 24 de la sourate Mohamad: «أَفَلَا یَتَدَبَّرُونَ الْقُرْآنَ أَمْ عَلَى قُلُوبٍ أَقْفَالُهَا» qui invite à une réflexion sur le Coran et implique une compréhension générale.
C'est la raison pour laquelle il rejetait la thèse des Akhbârîs chiites qui prétendent que seuls les Saints Imams (AS) sont autorisés à commenter le Coran alors que les Imams (AS) encourageaient leurs élèves à apprendre le commentaire coranique.
Quand quelqu'un vint demander à l'Imam comment faire les ablutions alors qu'il avait le pied bandé, l'Imam lui répondit qu'il aurait pu le comprendre en lisant le verset 78 de la sourate Hadj qui dit: « وَمَا جَعَلَ عَلَیْكُمْ فِی الدِّينِ مِنْ حَرَجٍ »
La question de la langue coranique a été posée pour la première fois par Nasr Hamed Abou Zeid, Djaberi et Hassan Hanifi. Certains estimaient que les premiers versets révélés étaient les cinq premiers versets de la sourate Alagh et que les autres versets ont été révélés progressivement en fonction des évènements.
Certains estiment que la Révélation avait été influencée par les évènements de cette époque, or selon Moussa Sadr, Dieu a choisi les évènements susceptibles de nous donner une orientation générale, d'autres estiment que la première condition d'un discours est de tenir compte des conditions de l'auditoire et que les premiers interlocuteurs du Coran étaient les Arabes, mais pour comprendre le Coran, nous ne sommes pas obligés de nous référer à une époque précise, même s'il est parfois nécessaire de connaitre la littérature en cours à cette époque.
L'imam Moussa Sadr disait : "La Révélation du Coran suit une méthode claire et accessible à tous, en aucun cas, le Coran ne s'est appuyé sur des codes spéciaux, des raisonnements compliqués ou des sciences obscures comme celle des nombre. C'est aussi la méthode qu'ont suivie le Prophète (AS) et les Saints Imams (AS). Le Coran n'est pas un livre humain limité à l'époque de la Révélation, en un lieu ou à une époque spéciale. Un des miracles coraniques est son actualité qui fait de lui une source continuelle de connaissances. Les versets sur le mouvement des astres ne se réfèrent aucunement aux idées de l'époque en astronomie, c'est aussi le cas dans les autres sciences".
Comme l'a dit le Prophète (AS), les savants sont les gardiens de la religion, l'imam Moussa Sadr était quelqu'un qui répondait aux questions et cherchait les réponses. L'herméneutique littéraire dit qu'une œuvre une fois créée, appartient à tous et que l'auteur est mis de coté, mais l'imam Moussa Sadr au sujet des textes sacrés et du Coran, estimait qu'il était impossible de mettre l'Auteur de coté et que l'objectif des commentateurs et de l'exégèse, était de trouver le sens que Dieu a voulu donner à ces versets, bien qu'il soit possible qu'il y ait plusieurs interprétations.
Les versets coraniques nous encouragent à la réflexion sur les sens coraniques, Moussa Sadr sans mettre de coté l'Auteur, accepte qu'il y ait plusieurs interprétations. C'est une méthode qui existe aussi dans les commentaires coraniques comme dans le commentaire Al Mizan par exemple, où plusieurs interprétations sont citées avant de dire "Dieu est celui qui sait", c'est à dire que le sens de tel ou tel verset est auprès de Dieu qui l'a révélé.
Les commentateurs ont donné parfois différents avis qui vont dans le même sens et ne sont pas contradictoires.
Dans la préface du livre d'Henri corbin, il fait allusion à ces deux visions de l'herméneutique. Pour lui un commentaire acceptable est celui qui remplit toutes les conditions initiales et possède «علم الموهبة» , comme l'a dit l'Imam Sadegh (AS): «ليس العلم ما كتسبتم، العلم نور يقذفه الله فی قلب من يشاء», c'est-à-dire une lumière que Dieu met dans le cœur de celui qu'Il veut.
L'imam Moussa Sadr n'a pas écrit de commentaire mais nous pouvons le considérer comme un savant chez qui le Coran et la vie sont en relation continue, qui a interprété le Coran et les hadiths selon la raison et l'Ijtihad, et ressentant la place vide du Coran dans la société l'a réinséré dans la vie de tous les jours.
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