Gholam Reza Zakiani, professeur à l'université Allameh Tabataba'i, lors de la réunion sur les études coraniques de l'imam Moussa Sadr, organisée à l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a déclaré que l'objectif du Coran était l'éducation et non la science.
"Dans le commentaire de l'imam Moussa Sadr, il y a une harmonie entre les règles de la nature et de la législation, Dieu qui est le créateur est aussi Le Législateur.
Cela ne veut pas dire que les questions scientifiques sont erronées mais signifie que l'objectif principal est l'éducation de la société humaine et que les autres questions sont des questions secondaires.
Pour l'imam Moussa Sadr, étant donne que l'objectif est éducatif, le sens du verset 89 de la sourate Nahl: «وَنَزَّلْنَا عَلَیْكَ الْكِتَابَ تِبْیَانًا لِّكُلِّ شَیْءٍ», signifie que le Coran a donné tout ce qui était nécessaire pour l'éducation des êtres humains. Cela ne signifie pas que toutes les découvertes scientifiques modernes ont nécessairement été citées dans le Coran.
L'imam Moussa Sadr estime que si le Coran n'était pas un livre révélé, il n'aurait pas survécu au temps. Pour lui, le texte coranique est capable grâce à la science divine et infinie dont il est la manifestation, de servir en tout temps, dans toute culture et en tout lieu. L'imam Moussa Sadr croyait à la Révélation progressive et à la Révélation instantanée et dans sa totalité du Coran. Etant donné que l'éducation se fait par étapes, il insistait sur la révélation progressive du Coran comme nous le voyons dans son commentaire des sourates Mahoun et Ghadr. Certains pensent que si la vie du Prophète (AS) avait été plus longue, plus de versets aurait été révélé ou que si personne, à la mort de son fils Ebrahim, ne l'avait qualifié d'Abtar, c'est-à-dire "sans descendant mâle", le verset Kossar n'aurait pas été révélé. Pour répondre à ces questions, nous devons nous référer au principe du "Bada", dans la pensée chiite. Nous en avons un exemple dans le changement de direction des prières à l'époque du Prophète (AS). L'imam Moussa Sadr accordait une grande importance au défi coranique dont il a parlé à l'occasion du commentaire des lettres isolées au début de certaines sourates, qui sont un défi aux arabophones plutôt qu'un code secret entre Dieu et Hazrate Mohamad (AS). Pour l'imam Moussa Sadr, la foi en islam devait être absolue et pratique. Pour lui, le Coran ne devait pas être découpé en versets élus et en versets délaissés: «نُؤْمِنُ بِبَعْضٍ وَنَكْفُرُ بِبَعْضٍ».
Bien qu'il y ait des versets qui semblent contradictoires, dans le domaine du libre arbitre ou de la Révélation par exemple. Ces versets pour un non musulmans peuvent être un sujet de critique alors qu'au verset 82 de la sourate Nessa' «... وَلَوْ كَانَ مِنْ عِندِ غَیْرِ اللّهِ لَوَجَدُواْ فِيهِ اخْتِلاَفًا كَثِيرًا».
Dieu précise qu'il n'existe aucune contradiction dans le Coran et qu'une des raisons des contradictions apparentes est de nous faire réfléchir. Pour l'imam Moussa Sadr, il est nécessaire d'examiner tous les versets et les hadiths contradictoires, pour arriver à une conclusion. Pour l'imam Moussa Sadr, la valeur du prophète (AS) vient du Coran et non le contraire. L'Imam Moussa Sadr n'était pas très orienté vers les discussions philosophiques, par exemple, dans son commentaire de la sourate "Falagh", la mort et le mal ne sont pas considérés comme faisant partie du néant mais comme de véritables créatures.
Si l'imam Moussa Sadr est amené à donner une explication d'un verset il le fait avec l'aide d'autres versets. Dans son commentaire de la sourate "Mahoun", il écrit : "Le refus de la religion que ce soit de la religion dans ses manifestations ou le jour du jugement, est le refus de la religion, et fait partie des principes de croyance, mais savez-vous qui rejette la religion ? Ce sont ceux qui n'accordent pas d'importance aux pauvres et aux orphelins. Dans le Coran le refus de la religion s'accompagne d'un rejet de certains actes. Dans son commentaire des versets 4 et 5 de cette sourate: «فَوَیْلٌ لِّلْمُصَلِّينَ/الَّذِينَ هُمْ عَن صَلَاتِهِمْ سَاهُونَ».
L'imam Moussa Sadr écrit : "سَاهُون signifie celui qui ne respecte pas une partie de la prière, mais le Coran dit aussi فَوَیْلٌ لِّلْمُصَلِّينَ c'est-à-dire que le verset s'adresse aux prieurs qui font ostentation ou empêche les gens d'aider les autres ou les voisins.
Une autre question abordée par l'imam Moussa Sadr est celle des serments coraniques qui sont pour lui, des méthodes d'insistance et d'éducation religieuse. Selon le Coran toute la création va dans le sens divin, le nihilisme n'a pas de sens, dans ce contexte celui qui marche à contre courant sera inévitablement confronté à des contradictions idéologiques", a-t-il expliqué.
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