Seyed Yahya Yasrebi, professeur retraité de l'université Allameh Tabataba'i, chercheur et auteur d'un commentaire et d'un livre sur la spiritualité islamique, a déclaré dans une interview pour l'Agence iranienne de presse coranique, que la plus grande erreur de Kadhafi avait été de porter atteinte à l'imam Moussa Sadr.
"C'est un acte impardonnable car la société islamique du Liban a été privée pendant 32 ans, de ce grand penseur de l'union islamique et de ce grand défenseur des déshérités. L'imam Moussa sadr était un des religieux les plus actifs, et était capable de nouer des liens entre les gens pour la réalisation de l'union islamique. Kadhfi a imposé un retard irréparable aux activités de ce grand religieux. Les résultats de son travail se seraient fait sentir à notre époque comme ce fut le cas pour le martyr Motahhari qui, s'il avait vécu dix ou vingt ans de plus, aurait exercé une plus grande influence.
Les divergences qui existent entre les écoles islamiques peuvent servir soit de tranchées comme à l'époque des Croisades, soit de possibilités de progrès. Les divergences entre chiites et sunnites aussi, peuvent être considérées dans ce contexte. La meilleure méthode consiste à dire que les deux écoles appartiennent à l'islam et que la meilleure école est celle qui gère le mieux la communauté. Est-ce que le chiisme qui défend bien l'islam et le monothéisme, et présente bien la prophétie ou non ?
C'est cette vision que défendait l'imam Moussa Sadr. Il n'utilisait pas les divergences pour créer des disputes mais au contraire, pour faire évoluer le monde de l'islam sans abandonner pour cela, les discussions idéologiques. Il considérait les divergences comme une concurrence pour la meilleure présentation des principes religieux. Avec les chrétiens, il défendait la religiosité et le monothéisme.
Mon refus du pluralisme dans tout ce que j'ai publié depuis vingt ans, est évident mais il est nécessaire d'étudier tous les courants et de comprendre lequel est dans la vérité. Nous ne perdrons rien à de telles discussions.
Au début de la Révolution islamique en Iran, des bruits couraient sur la constitution de groupes révolutionnaires au Liban. On parlait des relations de l'imam Moussa Sadr avec l'Iran, et des rumeurs prétendaient même que l'imam Moussa Sadr avait réussi à faire libérer des prisonniers politiques en se rendant au Vatican et auprès de certaines organisations de défense des droits de l'homme.
Il faisait aussi de grands efforts pour défendre la cause palestinienne, c'est au cours d'un voyage en Libye qu'il a été enlevé. Kadhafi qui aujourd'hui, est une honte pour les musulmans et la culture islamique, a prétendu que l'imam Moussa Sadr avait quitté la Libye pour se rendre à Rome. Or les enquêtes qui ont été faites au niveau international montrent bien que l'imam Moussa Sadr n'a jamais quitté la Libye", a-t-il dit.
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