L'Hodjat-ol-islam Abdol Rahim Haghighi Bakhshayesh, écrivain et traducteur coranique, et professeur au Centre d'enseignement islamique de Qom, dans un entretien avec l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a déclaré qu'il était nécessaire que les travaux de traduction du Coran ne soient pas interrompus car "toutes les traductions sont incomplètes et incapables de transmettre intégralement le message coranique".
"Les nouvelles traductions coraniques sont plus précises, grâce aux progrès qui ont été faits dans le domaine linguistique. Il est impossible de comparer la traduction de Abol Ghasem Payande, par exemple, avec celle de Mahdi Elahi Ghomshe'i, car le domaine du vocabulaire persan s'est élargi et amélioré.
Le style et le langage coranique sont des miracles du Coran qu'il est impossible de transmettre dans les traductions. Les traducteurs n'ont d'ailleurs pas cet objectif en vue dans leur traduction. Le Coran d'ailleurs a invité ceux qui doutaient de son caractère divin à produire une ou quelques sourates semblables, ce qu'ils n'ont jamais fait.
Au sujet des traductions coraniques, il existe deux avis, certains religieux d'Al Azhar et d'Egypte pensent qu'il est impossible de traduire le Coran et que la traduction nuit à la sacralité du texte. Cet avis, étant donné le verset 28 de la sourate Saba «وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا كَافَّةً لِّلنَّاسِ بَشِيرًا وَنَذِيرًا » qui parle d'un appel mondial de l'islam, ne semble pas juste.
Le Coran ne peut pas avoir donné un ordre qu'il est impossible de réaliser, les traductions ne posent donc pas de problèmes au point de vue religieux. Cependant le Coran doit être traduit par des spécialistes, à la fois du coran, de l'arabe et de sa grammaire, et de la langue cible. Le traducteur coranique doit avoir étudié les différents commentaires et les sciences islamiques. Il est nécessaire de transmettre le sens des versets et cela ne peut se faire dans une traduction du mot à mot. Le traducteur doit aussi être réceptif au message de spiritualité et de vertu du Coran, et travailler pour la satisfaction divine et la propagation de l'islam.
Les traductions qui existent dans les pays occidentaux, sont celles de prêtres ou de chrétiens, et gardent l'empreinte des enseignements chrétiens. Les traductions faites par des musulmans sont les seules dignes de confiance car ils connaissent mieux les enseignements islamiques. Le monothéisme a des sens différents pour les chrétiens et les musulmans, il est donc préférable que les concepts coraniques soient traduits par des musulmans qui les comprennent.
Les traductions de madame Safarzadeh et de Monsieur Payandé ne sont pas très différentes, et la compréhension du Coran n'a rien non plus à voir avec l'âge, bien que l'expérience et le niveau de connaissances aient une influence directe sur le niveau de la traduction.
Les travaux de traduction en groupe sont très importants et souvent supérieurs aux travaux de traduction individuelle. Bien entendu, il ne s'agit pas de confier une sourate à chaque personne, mais qu'un groupe de plusieurs personnes se rassemblent et travaillent ensemble à la traduction, cela donnera des résultats supérieurs et une meilleure précision au travail", a-t-il déclaré.
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