L'Hodjat-ol-islam Ali Zu'elm, membre du centre de recherches culturelles et islamiques, lors de la réunion d'étude des travaux coraniques de l'imam Moussa Sadr, organisée à l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a déclaré que Moussa Sadr avait agi comme le Prophète Abraham (AS) en se lançant seul dans le combat pour la défense du chiisme et la destruction des idoles idéologiques de son époque.
"L'action de Moussa Sadr au Liban nous rappelle le verset 2 de la sourate Jom'eh
هُوَ الَّذِی بَعَثَ فِی الْأُمِّیِّينَ رَسُولًا مِّنْهُمْ یَتْلُو عَلَیْهِمْ آیَاتِهِ وَیُزَكِّيهِمْ وَیُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَإِن كَانُوا مِن قَبْلُ لَفِی ضَلَالٍ مُّبِينٍ
La société chiite avant l'arrivée de Moussa Sadr, était une société faible au niveau politique, culturel et économique. La première décision de Moussa Sadr a été de développer l'enseignement coranique car, en tant qu'étudiant des centres islamiques, l'imam Moussa Sadr avait une vision coranique des mouvements sociaux. Dans ses relations avec les chrétiens et les sunnites, il avait une vision de l'être humain monothéiste, divine et spirituelle.
L'idée que nous pouvons nous référer au Coran dans tous les évènements contemporains, est très visible dans la pensée de l'imam Moussa Sadr. Cependant l'imam Moussa Sadr n'a pas été reconnu comme un académicien dans le domaine coranique, alors qu'il était l'élève de l'Allameh Tabataba'i et très versé dans les questions sociales et les activités culturelles.
L'imam Moussa Sadr dès son arrivée au Liban a créé des écoles pour les jeunes et les enfants des familles chiites où les activités coraniques étaient entreprises dans un sens qui peut nous renseigner sur les idées de Moussa Sadr. Son approche coranique dépassait une simple lecture et compréhension superficielle du Coran, son objectif était former les jeunes à une véritable réflexion coranique pour une action et des décisions dans le cadre et le respect des enseignements coraniques. Comme cela est le cas chez de nombreux orientalistes, il y a des commentateurs coraniques qui manquent de motivations et de réflexion islamiques mais comme l'a conseillé l'Imam Ali (AS), Moussa Sadr se référait au Coran et l'interpelait dans ses décisions.
L'imam Khomeiny avait depuis longtemps des relations avec la famille Sadr, et le martyr Beheshti avait collaboré avec lui dans une revue de Qom. Cependant certains groupes ont mis en question et même critiqué injustement Moussa Sadr pour son action. Or l'imam Moussa Sadr a vraiment intégré le Coran dans la vie quotidienne au Liban, son action avant d'être politique est une action sociale et pédagogique. L'imam Moussa Sadr a créé des écoles pour les orphelins et a travaillé au développement intellectuel et social de la collectivité chiite.
L'Ijtihad ne doit pas être limité au domaine juridique mais s'étendre aux activités sociales et politiques, comme l'a fait Moussa Sadr. C'est ce que fait aussi aujourd'hui, le Guide suprême, qui gère la société en fonction des enseignements coraniques et dirige la société vers le progrès, la science et l'honneur de l'islam.
Un autre souci de l'imam Moussa Sadr était la présentation du chiisme non comme une secte mais comme une école de pensée reconnue par les chrétiens et les sunnites. Ses particularités morales comme la réflexion, l'intelligence, les grandes connaissances religieuses et le sens de la gestion et de l'organisation sociale, lui ont permis de rendre de tels services à la société libanaise.
Un autre point important était sa volonté d'agir comme le dit le Coran عَلَیْكُمْ أَنفُسَكُمْ, en commençant par lui-même. Il avait un grand contrôle sur lui-même et seuls les religieux qui sont arrivés à ce stade d'initiation ont pu avoir un impact sur leur société. Ses relations avec les révolutionnaires iraniens étaient très étroites, certains ont même été formés à son école comme le martyr Chamran qui est revenu en Iran au moment de la Révolution et a participé à la Défense sacrée avant de tomber en martyr", a-t-il expliqué.
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