La chute des Frères musulmans et le retour en arrière

11:29 - July 12, 2013
Code de l'info: 2560021
Téhéran(IQNA)- Abbas Khameyar, attaché culturel iranien au Koweït et spécialiste de l’Histoire du Parti des frères musulmans, lors d’une réunion sur « Les frères musulmans, évolutions et problèmes », organisée le 9 juillet 2013 au centre de la culture et des relations islamiques, a présenté une étude de la situation en Égypte.
« Après l’échec des Frères musulmans, le monde arabe pensera qu’on a fait revenir les sociétés arabes à l’époque d’avant l’éveil islamique et qu’il n’était pas prêt à instaurer une démocratie sur le modèle occidental.
Il était donc nécessaire de faire ce coup d’état et de revenir aux dictatures du monde de l’islam. Ce qui s’est passé en Égypte est une véritable tragédie et aura une influence très néfaste sur l’islam politique sunnite.
Cet évènement attirera sans aucun doute, l’attention du monde de l’islam étant donné l’importance de l’Égypte dans plus de quarante pays où se trouvent des représentations de l’université Al Azhar et des Frères musulmans. Nous assisterons peut-être dans les prochaines années, à de grandes transformations dans l’islam politique sunnite que représentent les Frères musulmans.
La chute de quelques personnes et de la vitrine politique des frères musulmans qui existent depuis 85 ans, ne signifie pas cependant la chute de l’idéologie politique de ce parti. Les Frères musulmans sont le parti le plus ancien et le plus organisé chez les sunnites, et ce parti a connu des hauts et des bas et de nombreuses divisions et réunifications non seulement en Égypte mais aussi dans de nombreux pays islamiques.
Les Frères musulmans en Égypte, ont échoué dès la victoire de la révolution car ils ont abandonné dès le début, leurs slogans et ont opté pour le compromis. L’union islamique et la question de la Palestine étaient deux objectifs stratégiques pour ce parti qui n’a pas agi comme il le fallait conduisant les Frères musulmans à leur perte.
Hassan Al Bana, le fondateur de la confrérie, avait toujours insisté sur le rejet des divergences mais Morsi a échoué dans ce domaine et pensé qu’il était possible maintenant qu’ils étaient arrivés au pouvoir, d’agir comme ils le voulaient. L’assassinat sauvage de quatre chiites en pleine rue, a été l’occasion d’une propagande contre les chiites face à laquelle Morsi est resté silencieux encourageant ainsi les divisions en Égypte et dans le monde arabe.
Au sujet de la Palestine, il faut savoir que la vie des « Frères » dépend de la Palestine, et cela était vrai avant l’exil des Palestiniens et la constitution du régime sioniste. Avant la révolution en Égypte, deux évènements importants avaient eu lieu, la guerre des 33 jours qui a contribué au prestige de Seyed Hassan Nasrollah dans le monde arabe, et la victoire de Gaza. Tout le monde s’attendait à ce que l’Égypte constitue le troisième maillon mais cela ne s’est pas produit. Tout le monde pensait que l’ambassade d’Israël serait fermée et que les accords de Camp David seraient suspendus avec ses clauses sur le Sinaï, mais cela ne s’est pas produit.
La lettre honteuse de Morsi à Shimon Pérès, où il le qualifiait de « cher et fidèle ami » et où il présentait ses vœux de bonheur et de réussite aux Israéliens, a produit un choc dans la société égyptienne. Les Palestiniens, les résistants et les révolutionnaires ont perdu confiance en Morsi bien qu’il ait tenté de faire comprendre qu’il s’agissait d’un langage diplomatique et d’une formalité. La chute des « Frères » en Égypte est le résultat de plusieurs éléments intérieurs, régionaux et extérieurs, et d’éléments d’ordre individuel et internes au parti », a expliqué Abbas Khameyar.
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