7:18 - November 25, 2019
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300 élèves suivent chaque semaine les cours de langue arabe classique dans 4 écoles bruxelloises

Le samedi matin, pas de grasse matinée pour ces enfants du projet Alef, à Anderlecht. Ils ont de six à quinze ans et fréquentent l’une des quatre écoles bruxelloises où sont organisés des cours de langue arabe depuis 2016. Un projet porté par la VUB (Vrije Universiteit Brussel) et qui propose un enseignement dispensé par des professeurs dont le diplôme et l’expérience (souvent acquise en Irak ou en Syrie) ont été reconnus. Ces cours répondent manifestement à une demande des familles arabophones de Bruxelles puisqu’il existe aujourd’hui une liste d’attente pour y inscrire un enfant.
 
Rien d’étonnant pour des parents qui ont grandi dans la culture arabe, de souhaiter que leurs enfants maîtrisent cette langue. Mais à entendre Sami Azar, coordinateur du projet Alef, les cours généralement dispensés à Bruxelles gravitent souvent autour des mosquées et les références au Coran y sont fréquentes. Lui, au contraire, défend un enseignement laïc de la langue arabe. Un enseignement qui permettra ensuite aux enfants de lire eux-mêmes et de comprendre les textes. Sami Azar est d’ailleurs fier de nous présenter les premiers manuels scolaires publiés par la VUB et mis à la disposition des enfants.
 
Les enseignants sont souvent des réfugiés qui mettent à profit leurs compétences
C’est l’autre facette du projet : valoriser les compétences de personnes arrivées en Belgique avec un statut de réfugiés. Hala Aboud est l’une des enseignantes du programme. En Syrie, la jeune femme était institutrice. Elle est en Belgique depuis six ans et sa connaissance du français est déjà remarquable. "Le travail est énorme pour les enfants", reconnait-elle, "car les cours sont intensifs et souvent l’arabe qu’ils parlent à la maison est assez éloigné de la langue classique que nous enseignons, mais ils sont courageux".
Des manuels sans connotation religieuse pour apprendre la langue arabe
La connaissance d’une langue supplémentaire est toujours un atout
Mais qu’est-ce qui motive des enfants, parfois très jeunes, à suivre ces cours d’arabe, en plus du programme scolaire ? Lors de récréation, nous leur posons la question. Beaucoup parlaient déjà un peu d’arabe en famille mais ils témoignent aussi d’une certaine fierté à l’idée de maîtriser une langue supplémentaire, à l’écrit et à l’oral. "Au moins, je pourrai lire moi-même le Coran", nous glisse une jeune fille. D’autres parlent plutôt d’un atout futur dans la vie professionnelle ou de la possibilité de communiquer avec d’autres personnes lors de vacances à l’étranger. "Parfois il s’agit tout simplement de rapprocher les parents et les enfants autour de l’école", nous glisse Sami Azar, "et c’est aussi très important"!
RTBF
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