
« Le sort de ces communautés, piégées dans leurs villages, et entourées par des groupes anti-balaka nous inquiète. De même, le fait que de nombreuses familles musulmanes soient contraintes à devoir s’exiler pour survivre nous préoccupe », commente Martine Flokstra, coordinatrice d'urgence MSF, citée dans le communiqué.« À Bozoum, la dernière famille issue de la communauté musulmane - qui comptait initialement 2 500 personnes - a quitté la ville », donne ainsi en exemple MSF.
« En ce moment, la population musulmane est particulièrement visée dans le nord-ouest du pays et à Bangui », précise à l'AFP Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission MSF.
Elle constate qu’« il y a un sentiment de revanche incroyable des anti-balaka », les milices chrétiennes qui assimilent l’ensemble des musulmans aux anciens rebelles Séléka. Ces derniers avaient multiplié les exactions contre les chrétiens pendant plusieurs mois.
MSF indique être « particulièrement inquiète » de ces violentes représailles, qui obligent les musulmans à fuir le pays.
La tâche de l’ONG est ardue car « il est parfois difficile d'accéder aux populations, qui se retrouvent complètement encerclées », explique Marie-Elisabeth Ingres. Elle indique que, pour éviter barrages ou exactions, « il a fallu affréter des avions parce que passer par la route était impossible ».
« Au cours des dernières semaines, l’extrême violence qui prévaut depuis près d'un an en République centrafricaine (RCA) a atteint des niveaux intolérables et sans précédent », déplore MSF. Au mois de janvier, l'ONG a soigné plus de 1 650 blessés à Bangui, la capitale.
Face à une situation qui peine à s’améliorer, Jean-Yves Le Drian a indiqué, jeudi 6 février sur RTL, que l’armée française sur place depuis début décembre devrait rester plus longtemps que les six mois prévus. L’Union européenne a également annoncé, fin janvier, l'envoi de renforts.
Source : Saphirnews