
Saleh Dido est entêté. Il refuse de partir. Il ne veut quitter ni sa ville de Mbaïki ni la Centrafrique.
Le commerçant, vendeur de boulons devenu transporteur et maire adjoint, est le dernier des musulmans de Mbaïki : « Je suis né ici. J'ai fait des enfants ici. Je suis à la mairie depuis cinq ans, j'ai prêté serment, je suis patriote. Pourquoi devrais-je partir ? Je veux vivre dans mon pays… »
C'est à Mbaïki que la présidente de Centrafrique, Catherine Samba-Panza, a effectué, mercredi 12 février, sa première visite hors de Bangui. Elle accompagnait, sous la protection des soldats français de l'opération « Sangaris », le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian.
La visite des deux personnalités a débuté par un malentendu, voire par un mensonge. Les officiers de la force Sangaris, qui avaient déployé une unité à Mbaïki durant quatre jours la semaine dernière, alors que les musulmans de la région étaient encore présents, regroupés et assiégés dans le centre-ville, cernés par les miliciens chrétiens anti-balaka, ont évoqué « une ville qui a continué à vivre et où le pire a été évité ».
La présidente a loué « cet exemple positif d'une ville où les communautés continuent à vivre ensemble ».
Source : lemonde