L'islam devrait entrer à l'université cet automne

11:30 - March 15, 2014
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Fribourg(IQNA)- L'Université de Fribourg espère ouvrir cet automne son Centre suisse Islam et société.

L'activité démarrerait avec quelques modules pilotes, avant le lancement des premiers programmes de formation continue au printemps 2015.

Le programme académique proprement dit commencerait à l'automne 2015, a détaillé jeudi le recteur de l'Université, Guido Vergauwen. Il s'exprimait lors du colloque «Vers un centre islam et société», deuxième du genre organisé à Fribourg.

L'une des prochaines tâches consistera à nommer un coordinateur. Il est aussi question de mettre sur pied une sorte de comité consultatif destiné à accompagner l'évolution du centre.

«C'est assez sportif», a commenté le recteur quant à cet agenda serré. D'autant que le calendrier pourrait être entravé en fonction de la tournure que prendra le débat politique: des députés du Grand Conseil ont déposé un mandat demandant au Conseil d'Etat de faire barrage au projet - ce dernier a cinq mois pour prendre position.

Jeudi, le conseiller d'Etat Jean-Pierre Siggen a estimé qu'avec ce centre, Fribourg pourrait devenir un haut lieu du dialogue interreligieux. «L'Université n'est pas une huître qui se ferme sur elle-même», a ajouté le chef de l'instruction publique et de la culture.

Une grosse centaine de participants ont assisté à cette journée de réflexion, issus de communautés musulmanes, d'associations de migrants ou encore des milieux académiques. Les nombreuses interventions ont permis de constater un très grand intérêt, mais aussi beaucoup de questions.

Parmi ces préoccupations: le souhait de tenir compte des diverses sensibilités existant au sein des communautés musulmanes.

Des intervenants ont jugé qu'il serait bon de ne pas s'adresser qu'aux représentants d'organisations structurées, mais d'élargir aussi aux individus «lambda» de ces communautés. D'autres ont craint que ce centre devienne de facto l'interlocuteur privilégié lors des débats sur l'islam en Suisse.

Un point est apparu de façon récurrente: une tension entre le caractère théorique et les perspectives pratiques de cette formation. «Quid des débouchés?», s'est aussi interrogé un participant.

Publics cibles, contenu, structure et financement sont autant de champs qui restent à préciser, mais des pistes concrètes sont déjà évoquées. Ce centre n'a pas vocation à «fabriquer» des imams, mais s'annonce plutôt comme une formation complémentaire.

Quelques possibilités du côté musulman: imams, enseignants religieux, assistants spirituels, bénévoles dans des communautés (par exemple centre pour femmes, centre de jeunesse).

Du côté non musulman, le centre peut intéresser des collaborateurs de services étatiques: directeurs d'école, enseignants en religion, personnel soignant, cadres de l'armée, ou encore domaine carcéral. Pourraient s'y ajouter des travailleurs du secteur privé (responsables du personnel dans les entreprises, ou encore hôtellerie-restauration).

Source : tdg

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