La tragédie des musulmans de Bangui

12:12 - May 21, 2014
Code de l'info: 1409153
Bangui(IQNA)- Opprimés et persécutés par les milices des anti-balaka, les musulmans de la République de Centrafrique ont dû se résoudre à quitter la capitale de Bangui.

Reclus à quelques kilomètres de la ville, ils tentent difficilement de survivre. Une véritable purification ethnique. En Centrafrique, les résultats du conflit civil qui mine ce petit pays, sont déjà désastreux. La violence des attaques des milices anti-Balaka exercées contre les minorités musulmanes de Centrafrique a provoqué leur départ de la capitale.

Entre 85 et 90 % d'entre eux n'y vivent plus. Assignation à résidence Retranchées dans un camp à quelques kilomètres de Bangui, les populations musulmanes estimées à 6000 âmes, y sont actuellement assignées à résidence. Le moindre mouvement à l'extérieur de la zone est synonyme de mort pour elles.

Entre décembre et mars, près de 400 corps ont ainsi été recensés à la morgue de la mosquée Ali-Babalo, d'après des informations publiées par l'édition du quotidien La Croix du 19 mai. A Bangui même, les maisons et la totalité des biens de ces familles sont mises en vente au vu et au su des soldats de l'armée centrafricaine, qui n'a pas été capable d'assurer leur protection.

Près de Kilomètre -5, le quartier où se trouve le camp de réfugiés, ces populations survivent comme elles peuvent. Un profond sentiment anti-français Agriculture, commerce de fortune, prébendes offerts par des passants. La sécurité du camp est assurée par des soldats du Burundi, et par une milice d'auto-défense musulmane.

Quant à la nature de ce conflit, elle n'est pas religieuse, plutôt ethnique et politique. De nombreux chrétiens ont par exemple assuré la protection de familles musulmanes qui ont pu trouver refuge dans des presbytères comme à l'église de Saint-Mathias. Mais un profond sentiment anti-français s'est développé chez les musulmans de Centrafrique qui rendent Paris doublement responsable de la détérioration de leurs conditions de vie. «L'opération Sangaris conduit à notre disparition de Bangui.

Les Français nous désarment, pourchassent nos chefs. Les anti-Balakas ont ensuite tout le loisir de nous chasser, de nous tuer et de détruire nos biens» déclare Béchir, un étudiant, dans un témoignage délivré à nos confrères de La Croix. L'absence de protection des civils par les contingents de soldats français leur est aussi reprochée.

Source: zamanfrance

captcha