
Selon Shafaqna, les ingérences des pays étrangers notamment les États-Unis et l’Otan en 2011, et le soutien des pays arabes aux groupes armés, ont permis la destitution de Kadhafi et l’instauration d’un gouvernement provisoire.
Le conseil de sécurité a permis aux pays occidentaux de défendre leurs intérêts en Libye et de transformer les manifestations en un conflit interminable qui n’a rien apporté aux libyens et a fait beaucoup de victimes parmi les civils. Le gouvernement de transition n’a pas réussi à prendre des décisions utiles ni à contrôler le pays.
L’armée après la chute de Kadhafi, s’est trouvée disloquée sans qu’aucune organisation ne prenne la responsabilité de la sécurité dans le pays. Les différentes tribus ont commencé à se disputer et à revendiquer leur indépendance, entrainant le pays dans le plus grand désordre. Les centaines de groupes armés qui ont contribué à la chute de Kadhafi, réclament leur part dans la révolution sans accepter de livrer leurs armes ni de se rallier à l’armée ou à la police libyenne.
Ces groupes ont pris le contrôle de différents centres pétroliers et gouvernementaux, et de l’aéroport de Tripoli, et les attentats contre les personnalités politiques et militaires sont courants. Les gens sont jugés dans des tribunaux indépendants ou gardés dans des prisons insalubres dont les méthodes ont été vivement critiquées par les organisations de défense des droits de l’homme.
La Libye de plus, est devenue le plus grand marché noir d’armes dans le monde et exporte des armes notamment en Syrie. Des conflits sont nés entre Ali Zeidan et khalife Haftar et ces derniers jours, les miliciens libyens ont attaqué le parlement libyen et enlevé des députés, et à Bengazi, des combats ont eu lieu entre les groupes islamiques et les partisans d’Haftar accusé de préparer un coup d’état, qui ont fait plus de 200 victimes.
Haftar a participé au coup d’état de Kadhafi et aux combats en 1973 contre Israël, et s’est séparé de l’armée en 1988 avant de s’enfuir aux États-Unis où il est resté 20 ans. Il est revenu en Libye au cours des troubles et a fondé le groupe militaire de « l’armée nationale de Libye ».
En 2011, il commence son combat contre les groupes armés et en 2012, 150 généraux demandent qu’Haftar soit nommé commandant en chef de l’armée, demande refusée par le gouvernement de transition. Khalifa Haftar, général à la retraite à la tête de l'autoproclamée "Armée nationale libyenne" (ANL), indépendante de l'armée régulière, le 14 février 2014, a annoncé une initiative qui prévoit le gel du Congrès général (le Parlement), du gouvernement et de la constitution provisoire.
La chaine Al Jaazira a annoncé que l’augmentation des conflits entre les forces fidèles à Khalifa Haftar et les groupes armés de Bengazi, posait la question de la raison de la transformation en trois ans, de cette ville en lieu de conflits entre les groupes armés et d’attaques terroristes.
Salah Al Bakush, écrivain et commentateur politique, dans un entretien avec la chaine Al Jaazira, a déclaré que ce qui se passait aujourd’hui, à Bengazi, était la poursuite de la révolte populaire contre le régime de Kadhafi ajoutant que les groupes politiques qui n’ont pas pu arriver à leurs objectifs dans le cadre du congrès national libyen, se sont tournés vers Bengazi pour accéder au pouvoir.
«Ce que Fait Haftar, est une tentative de coup d’état et ses prétextes pour lancer des attaques sont des mensonges comme ceux des autres militaires dans l’Histoire du tiers monde », a-t-il dit.
Certains estiment que ce qui se passe en Libye est le signe de l’échec du gouvernement central et d’une aggravation de la situation sécuritaire dans ce pays. Certains estiment que les pays voisins, l’Égypte, la Tunisie et l’Algérie, auraient pu jouer un rôle important dans le retour au calme mais sont restés passifs.
Un ancien diplomate américain a déclaré que l’instauration de la démocratie était très difficile et demandait du temps, et que les États-Unis ne considéraient pas la Libye comme un pays en faillite.
Jen Psaki, porte parole du ministère américain des affaires étrangères, a déclaré récemment que Washington ne soutenait ni ne condamnait ce qui se passe en Libye, « Nous ne soutenons, ni n'approuvons ses actions sur le terrain, pas plus que nous ne lui portons assistance », a-t-elle précisé.
Un membre du congrès a accusé Haftar de terroriste demandant qu’il se soumette, abandonne l’idée de parvenir au pouvoir et cesse de nuire au gouvernement et au bon déroulement des prochaines élections.