
L’Agence chiite Shafaqna, a annoncé que les troupes soudanaises et les rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N) se sont affrontés samedi dans la région du Kordofan-Sud (sud), près de son chef-lieu qui avait été touché par les tirs des rebelles.
L’Agence française de presse à Khartoum a déclaré que deux roquettes avaient été tirées par la branche nord du SPLM-N.
« Notre artillerie a bombardé des positions militaires dans la ville de Kadougli ainsi que dans les secteurs de Daldako et Al-Hamra, aux abords de la localité », ont affirmé les rebelles du SPLM-N dans un communiqué.
Cette attaque du SPLM-N s'inscrit dans une "puissante contre-attaque" contre l'armée soudanaise, engagée plus tôt dans la zone d’Al-Atmur à une quarantaine de kilomètres de Kadougli.
Les rebelles ont affirmé avoir tué 15 militaires et détruit un char au cours de cette première offensive, déclenchée dans une région que les Forces armées soudanaises (FAS) avaient déclaré "libérée" le 6 juin dernier.
« De lourds combats ont eu lieu », a confirmé à l'AFP le porte-parole des Forces armées, Sawarmi Khaled. « Ils ont essayé d'attaquer la région d'Al-Atmur mais nous les avons vaincus », a-t-il déclaré affirmant que l'armée avait tué 50 rebelles et contrôlait la zone après les derniers affrontements.
Le SPLM-N bombarde régulièrement Kadougli depuis fin 2012, ces attaques ont fait de nombreuses victimes civiles, d'après le gouvernement. Les offensives se sont intensifiées ces deux derniers mois.
Pour le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), les civils continuent de subir les conséquences de ces combats « avec davantage de personnes déplacées et de structures civiles touchées dans les secteurs tenus par le SPLM-N ».
A l'image du conflit qui secoue la région du Darfour (ouest) depuis 11 ans, une lutte oppose depuis trois ans, le pouvoir aux rebelles du Kordofan-Sud qui s'estiment politiquement et économiquement marginalisés par le régime du président Omar el-Béchir.
Le Soudan a imposé des restrictions sévères aux déplacements des organisations d'aide humanitaire dans le Kordofan-Sud depuis le début des combats en juin 2011.