
Selon mehrnews,Charles Taliaferro, professeur de philosophie à l’université américaine Saint Olaf du Minnesota, ancien professeur de l’université d’Oxford et spécialiste des religions, a expliqué les raisons de l’apparition de groupes radicaux comme celui de Daech dans la région, et insisté sur les responsabilités des intellectuels et des religieux dans la lutte contre ce groupe terroriste.
« Tout le monde se rend compte que le groupe Daech avec ses meurtres et sa violence, ne recherche pas la vérité de l’islam. Même le chef d’Al Qaeda reconnaît que cette violence n’est pas conforme à l’islam et aux règles en temps de guerre, que nous avons vues à l’époque des Safavides et des ottomans.
Certains pensent que le soutien des populations est dû au respect de ce groupe pour l’islam mais je pense que c’est une erreur et que son avancée vient du fait qu’ils ont réussi à se rallier certains généraux baasistes sunnites et des gens qui ont été mis de coté après la chute de Saddam qui cherchent à se venger.
Ces violences systématiques sont le signe d’une volonté de se débarrasser des opposants. De plus ce groupe s’est développé en Irak et en Syrie qui sont des pays qui appartenaient à l’empire ottoman et ont été créés par les colonialistes anglais et français, sans institutions indépendantes capables de les protéger des pouvoirs personnels et du pouvoir des tribus.
Les gens qui ont été mis de coté sont attirés par les promesses des groupes radicaux qui ne les ont d’ailleurs jamais respectées notamment les promesses de constitution d’institutions économiques, politiques, culturelles et nationales fortes et stables.
Les Frères musulmans en Égypte par exemple, n’ont réussi qu’à créer des écoles et des hôpitaux. S’ils avaient réussi à accepter les différences d’opinion, ils auraient pu créer des institutions nationales fortes et stables mais cela n’est actuellement qu’un mirage.
Il est nécessaire que les intellectuels et les ulémas interviennent et fassent un travail d’information lors de la diffusion de ces violences dans les médias sans commentaires, pour montrer que ces conflits ont des origines historiques.
Bien sur, il est difficile pour les ulémas qui vivent au Moyen orient de critiquer le groupe Daech car cela les exposerait à des accusations de collaboration avec certains pays. Cependant cela ne restera pas sans effet et les ulémas qui travaillent dans le domaine de l’éducation ont le devoir de faire connaitre et d’appliquer les enseignements islamiques, et de proposer un commentaire historique de ces événements.
Les gens doivent savoir pourquoi depuis une centaine d’années, ces violences et ces conflits ont augmenté dans la région », a déclaré Charles Taliaferro qui est l’auteur de plusieurs livres sur la religion et la philosophie.