
L’ancienne salle de lecture de la bibliothèque patrimoniale de la ville d’Anvers, qui porte le nom du mécène d’origine allemande Oscar Nottebohm (1865-1935), vaut déjà le détour pour son décor et son atmosphère particuliers. Cette exposition rend cette salle Nottebohm d’autant plus intéressante. Quarante-cinq objets, quinze de chaque tradition, y démontrent l’importance du texte sacré pour les « religions du Livre » ainsi que les soins artistiques, scientifiques et spirituels que les croyants apportent à la transmission de la Parole révélée.
Parmi les objets chrétiens exposés, il y a quelques classiques: la Bible de Robert Ier d’Anjou avec ses magnifiques miniatures et enluminures du XIVe siècle; un exemplaire de la Bible Johannes Gutenberg, l’inventeur de l’impression, de 1454 ou 1455; l’édition biblique que l’humaniste Robert Estienne a publié à Genève de 1557, se servant pour la première fois du système de numérotation des versets bibliques que nous utilisons toujours et la Bible polyglotte de Christophe Plantin publiée en 1572, une performance typographique monumentale.
Des trésors surprenants
Mais l’exposition réserve aussi quelques découvertes surprenantes, comme par exemple ce livre xylographique du XVe siècle dit « Bible des pauvres » que lient de façon thématique des tableaux de l’Ancien et du Nouveau Testament comme le ferait une bande dessinée à nos jours; et le manuscrit sur parchemin reprenant les paroles d’ouverture de l’Evangile selon Saint Jean sur lesquelles chaque chanoine nouvellement élu du chapitre de Notre-Dame d’Anvers était tenu de prêter serment.
Les objets d’origine juive ou musulmane sont évidemment moins connus. L’exposition montre, entre autres, le fameux grand rouleau de la Torah dont la bibliothèque patrimoniale essaie encore toujours de connaître sa provenance et pourquoi un maître d’écluse anversois l’a remis au bibliothécaire dans les années 1950; un rouleau d’Esther avec des enluminures charmantes originaire de l’Iraq du XIXe siècle et le commentaire sur la Torah qu’un jeune homme de 15 ans a confié au papier à La Haye vers le milieu du XVIIIe siècle. Pour la tradition musulmane, on y voit aussi, un fragment coranique d’origine inconnue du début du VIIIe siècle, ce qui correspond au début du Ier siècle de l’ère islamique; un fragment coranique maghrébin de fin XVe siècle; ainsi qu’un minuscule Coran miniature doté d’une loupe du début du XXe siècle auquel était attribué le pouvoir de protéger la personne qui le portait contre le Mal.
Benoît Lannoo
‘Livres Sacrés’ à la Bibliothèque Patrimoniale Hendrik Conscience, salle Nottebohm, place Hendrik Conscience 4 à Anvers, jusqu’au 21 décembre 2014. Visiteurs individuels et groupes sans guide du mardi au vendredi de 13h à 17h, le samedi et le dimanche de 13h à 18h (jusqu’à 17h à partir du 1er novembre 2014) et les jeudi 30 octobre, 27 novembre et 18 décembre jusqu’à 21h.
info.cath.be