Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant ''IINA'',
l’ambassadeur Seyed Kasim Al-Masry, qui a animé une conférence de presse samedi au siège de l’OCI à Jeddah en présence de plusieurs hauts responsables de l’organisation dont le Secrétaire général adjoint chargé des Affaires culturelles et de l’Information et porte parole officiel du Secrétaire général, S.E.M Atta Mannan, a dressé un bilan sombre de la situation dans le Sud des Philippines où les combats qui opposent les Forces armées des Philippines (FAP) et le Front de libération islamique Moro (MILF), se poursuivent.
Il a d’ailleurs fallu négocier une trêve de six jours pour permettre à la délégation de l’OCI d’effectuer sa mission.
Le chef de la délégation de l’OCI a indiqué le besoin urgent de tenir une réunion sur le Sud des Philippines à Jeddah, en juillet, après la 33ème conférence islamique des ministres des Affaires étrangères de Baku (Azerbaïdjan).
Pour des raisons diverses, notamment stratégiques, des obstacles s’érigent sur la voie de la mise en oeuvre de l’Accord de paix selon l’ambassadeur Masry. Manille a élaboré unilatéralement une liste de ce qui est stratégique, comme le pétrole, la terre, les ressources hydrauliques et même l’intégration des combattants dans l’armée et les unités spéciales.
L’OCI déploie des efforts en vue de la libération de Nur Misuari, le fondateur du Front National de Libération Moro (MNLF),détenu non loin de Manille. Misuari avait signé l’accord de paix de 1996, devenant gouverneur de la Région Autonome Musulmane de Mindanao.
Pendant son séjour du 17-22 mai dernier, la délégation de l’OCI a eu des rencontres avec le ministre philippin des Affaires étrangères avant d’être reçu par la Présidente Gloria Macapagal Arroyo, qui a loué les efforts déployés par l’OCI en faveur de la paix dans le Sud.
Les investissements dans le sud où la pauvreté est visible, sont faibles. M. Masry a néanmoins dit qu’il est préférable de fournir l’assistance sous forme de financement des projets que de l’argent liquide. Selon l’ambassadeur Masry, les provinces à majorité musulmanes comme Jolo, sont marquées par la pauvreté. 90% de leurs habitants vivent sous la ligne de pauvreté contre une moyenne nationale de 30%.
L’écart est grand entre musulmans et non musulmans et on accuse l’état de guerre dans ces régions.
Avec une population de plus de deux millions d’habitants à grande majorité musulmane, la Région Autonome Musulmane de Mindanao (ARMM), créée le 6 novembre 1990, couvre 12.000 Km2, soit environ quatre pourcent des Philippines. L’ARMM compte cinq provinces et (Basilan, Lanao del Sur, Maguindanao, Sulu et Tawi-Tawi) et 9 villes.