Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "IINA", la décision d'ériger un tel monument avait été prise par le Haut conseil de la mémoire musulmane le 18 novembre dernier. Il permettra de rendre hommage aux soldats musulmans tombés pour la France entre 1914 et 1918, a fait valoir M. Mekachera mardi lors d'un point de presse.
Sur la nécropole nationale de Douaumont reposent 15.000 soldats identifiés, chrétiens, juifs et musulmans, morts lors de la bataille de Verdun, alors que l'ossuaire voisin abrite les ossements de 130.000 soldats non identifiés.
"Il existait sur le site de Douaumont un mémorial juif et un mémorial chrétien. Il manquait la troisième religion du Livre pour représenter la sphère du combattant", a expliqué M. Mekachera.
La réalisation de ce mémorial, d'un coût de 500.000 euros, sera entièrement financée par l'Etat, essentiellement par le ministère de la Défense, a-t-il précisé.
D'une centaine de mètres carrés, ce monument sera bâti sur un terrain de 4.000 m2, dans le carré musulman de la nécropole qui abrite 592 tombes de soldats algériens, marocains et tunisiens tombés lors de la bataille de Verdun.
Situé au coeur de l'ancien champ de bataille, ce site a fait l'objet d'une dépollution pour extirper les débris et autres munitions. Au total 219 munitions, allant de la grenade à main à l'obus de 210 mm ont été neutralisées.
Le 13ème régiment du Génie, en charge des travaux, a également découvert les ossements d'un poilu non identifié, qui ont été inhumés dans l'ossuaire.
Inspiré de l'art arabo-musulman, ce mémorial comprendra, au centre d'une esplanade, un dôme soutenu par des colonnes qui abritera la stèle musulmane située auparavant en face de l'ossuaire, a expliqué le ministre.
Il sera recouvert de pierre de Meuse, matériau employé pour la construction de l'ensemble des édifices du site.
Le mémorial devrait être inauguré par le président Jacques Chirac en juin lors des cérémonies qui marqueront le 90e anniversaire de la bataille de Verdun (février-novembre 1916).
Lors de la présentation de ce projet à M. Chirac en novembre dernier, Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM), s'était dit "frustré de ne pas voir à côté des grandes stèles commémoratives de Douaumont, quelque chose qui symbolise l'engagement, l'amour pour la France d'un grand nombre d'entre nous".