Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", il est surprenant que certains présidents soient si ignorants de la réalité des pays et qu'ils parlent sans avoir la moindre connaissance des questions sensibles", dit Ahmed Safi, représentant du grand Ayatollah Ali Sistani dans son prêche à Kerbala, 110 km au sud de Bagdad.
Sans nommer le président égyptien, l'imam chiite a affirmé que si M. Moubarak "veut approfondir ses connaissances sur les chiites en Irak", il est "prêt à l'aider".
Dans des déclarations diffusées samedi par la chaîne Al-Arabiya, basée à Dubaï, M. Moubarak avait affirmé que les chiites arabes étaient plus loyaux à l'Iran qu'à leur pays.
Le porte-parole de la présidence égyptienne, Souleimane Awad, et le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit avaient ensuite assuré que l'intention de M. Moubarak n'était pas d'attaquer les chiites d'Irak.
Dans la ville sainte de Najaf, 160 km au sud de Bagdad, Sadreddine al-Qoubanji a qualifié d'"irresponsables" les déclarations de M. Moubarak.
"Si tu as la nostalgie du retour (au pouvoir) de ton ami Saddam (Hussein, le président déchu), ne t'affirmons que ce dernier ne reviendra plus jamais et si tu veux lui rendre visite dans sa prison, tu sera bien accueilli", a dit M. Qoubanji, membre du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII).
Peu après la prière, des centaines de fidèles ont manifesté leur hostilité au président égyptien le qualifiant de "traître" et lui demandant de présenter "des excuses aux chiites irakiens".
A Bagdad, le représentant du leader radical Moqtada Sadr, a affirmé de son côté que les déclarations de M. Moubarak étaient "irresponsables au moment où l'Irak a besoin du soutien des dirigeants arabes".
"L'Irak traverse une situation difficile. Ce dont nous avons le plus besoin est une déclaration qui serve à serrer nos rangs et nous unifier et non le contraire", a souligné l'imam Hazem al-Aaraji.