Enlèvement d'un imam : Extradition demandée de 26 agents de la CIA (presse)

14:09 - July 22, 2006
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Téhéran, (IQNA) - La justice italienne a demandé l'extradition de 26 Américains, membres de la CIA, soupçonnés d'avoir organisé et participé à l'enlèvement d'un imam égyptien en Italie en 2003, a rapporté la presse italienne vendredi.

Le parquet de Milan (nord), chargé de l'enquête, a transmis la demande d'extradition au parquet général qui doit à son tour la remettre au ministre de la Justice, Clemente Mastella, écrit le quotidien La Repubblica. Le ministre est supposé la faire parvenir à son homologue américain.

L'affaire risque d'empoisonner davantage encore les relations entre Rome et Washington après la décision du gouvernement de gauche dirigé par Romano Prodi de retirer d'Irak le contingent italien.

Sous le gouvernement précédent de Silvio Berlusconi, le ministre de la Justice Roberto Castelli avait refusé de transmettre aux Etats-Unis une demande d'extradition similaire, mais qui ne visait que 22 membres de la CIA.

Le 17 février 2003, l'ancien imam d'une mosquée de Milan, Osama Mustafa Hassan, un Egyptien connu également sous le nom d'Abou Omar et soupçonné de terrorisme, est enlevé dans la capitale économique italienne par un commando de la CIA, puis transféré en Egypte où il a été torturé.

Cette affaire a provoqué un séisme à la tête du Service de renseignements militaires italien (Sismi), qui a toujours démenti avoir été au courant de cet enlèvement. L'enquête a cependant révélé que de nombreux dirigeants du Sismi étaient au courant et avaient participé d'une manière ou d'une autre à l'opération.

Cette enquête a conduit à l'arrestation de Marco Mancini, numéro deux du Sismi, et de son prédécesseur, Gustavo Pignero, mais maintenant elle touche directement le patron du Sismi, le général Nicolo Pollari.

M. Mancini, sachant que la justice était sur ses traces, a enregistré pour se protéger une de ses conversations avec Gustavo Pignero, dont La Repubblica publie des extraits vendredi.

"Tu te souviens Gustavo ? Tu te souviens que l'ordre d'enlèvement est venu du directeur (ndlr: Pollari) ?", demande M. Mancini et M. Pignero répond "oui", selon le journal.

"Et tu te souviens que deux jours plus tard, j'ai dit que ça ne pouvait pas se faire car nous ne sommes pas en Amérique latine ?", poursuit M. Mancini et son interlocuteur répond : "oui, je m'en souviens".

Or, le général Pollari a déclaré à de nombreuses reprises, dans la presse et devant le Comité parlementaire de contrôle des services secrets (COPACO), tout ignorer de cet enlèvement qui aurait été commis par la CIA à l'insu de ses services.

Lors de son interrogatoire au parquet de Milan la semaine dernière, M. Pollari a invoqué le secret d'Etat.

Les avocats du général ont pour leur part réaffirmé vendredi après-midi l'innocence de leur client.

"Nous confirmons qu'il est indiscutable que le général Pollari avait imposé une interdiction absolue d'actions illégales dans le déroulement des activités de son service, même si à l'heure actuelle il n'est pas possible de le démontrer en raison de l'existence du secret d'Etat", indique un communiqué des avocats Franco Coppi et Titta Madia.

Les deux défenseurs ont également dénoncé "la fuite d'informations partielles et confuses", qui pourrait entraîner "une perception erronée de la réalité".

Source "AFP"
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