Liban (IQNA)-Exhumation des martyrs de Marouahine, enterrés à la hâte au début de la guerre

11:26 - August 25, 2006
Code de l'info: 1493759
Des secouristes s’affairaient hier à exhumer les corps de 23 civils, pour moitié des enfants, tués sur la route de l’exode par les premiers bombardements israéliens et enterrés à la hâte dans une fosse commune.
Ces civils, des habitants de Marouahine, une des rares bourgades sunnites du Liban-Sud à la frontière libano-israélienne, avaient été parmi les premières victimes de l’offensive israélienne lancée le 12 juillet ; ils avaient été tués le 16 juillet sur les routes en fuyant vers Tyr.

Leurs familles et leurs proches, raconte Jihad Siqlawi, de l’AFP, se sont rassemblés dès l’aube au bord de la fosse commune, creusée à côté de la caserne de l’armée libanaise à Tyr. Ils ont attendu que des jeunes gens issus des écoles islamiques sortent les cercueils de la fosse commune pour prendre possession des corps et aller les enterrer à Marouahine. Il faut rappeler que quand la morgue de l’hôpital de Tyr a été pleine, quand les camions frigorifiques ont débordé, l’armée a creusé une fosse pour les morts recueillis dans les villages et sur les routes bombardées pendant plus d’un mois.

Khadigé Abdallah, une grand-mère toute vêtue de noir, est assise par terre et pleure en étouffant de gros sanglots, serrant contre sa poitrine la photo de sa fille et de ses cinq enfants. « Le plus petit, Hussein, n’a même pas atteint ses six ans », se lamente-t-elle. « Où sont les tribunaux internationaux pour juger les crimes israéliens contre les enfants », crie-t-elle, au milieu des pleurs des proches des autres victimes de Marouahine.

Quand un cercueil est exhumé, les parents se précipitent pour lire le nom du mort inscrit par les responsables de l’hôpital gouvernemental de Tyr et prendre possession du corps.
Moussa Saif, 32 ans, le bras cassé lors de la fuite de Marouahine et toujours dans le plâtre, vient chercher le corps de sa mère. « À l’instar des autres habitants sinistrés de Marouahine, je veux enterrer ma mère dans notre terre ancestrale, en dépit du fait que les soldats israéliens soient toujours présents aux entrées de la ville du côté de la frontière », dit-il. Il raconte comment il s’est cassé le bras en sautant de sa voiture, qui faisait partie d’un cortège pris pour cible par un avion israélien, et qui se dirigeait vers Tyr. « J’ai cru à un moment que ma mère allait me suivre et quitter la voiture qui a été pulvérisée par un deuxième obus », pleure le jeune homme.

Les funérailles à Marouahine ont eu lieu dans une ambiance très lourde sous un soleil de plomb, en présence du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Khaled Kabbani, représentant le Premier ministre Fouad Siniora. Les jeunes gens des écoles islamiques, qui portaient des masques en raison de l’odeur, ont sorti un à un les 23 cercueils, qui ont été transportés dans des ambulances du Courant du futur. Un cheikh sunnite a récité la prière des morts et des versets du Coran, et les corps ont été mis en terre dans le cimetière du village.
Ce cheikh, interrogé en direct par la Future TV, s’est plaint que les habitants de Marouahine, dont dix maisons ont été touchées par les tirs israéliens, n’avaient pas encore reçu d’indemnisations.

Sourc: Lorient Lejour
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