Des questions-clés subsistent cependant quant au contrôle des frontières du Liban avec les deux pays voisins, Syrie et Israël.
"La résistance (le Hezbollah, ndlr) sera un soutien pour l'armée libanaise et il n'y aura pas de problème avec la Finul tant que sa mission n'est pas de désarmer la résistance", a affirmé sur la télévision privée libanaise NTV.
"Il n'y aura pas de présence armée du Hezbollah au Liban sud. Si des soldats de l'armée libanaise rencontrent un homme armé au Liban sud, ils auront le droit de le désarmer", a-t-il ajouté.
Le dirigeant chiite a en outre déclaré que des négociations indirectes avaient commencé par l'intermédiaire du président du Parlement Nabih Berri pour un échange de prisonniers entre Israël et son parti, ce que l'Etat hébreu a démenti dimanche soir, selon la radio publique israélienne.
"Il semble que l'Italie et les Nations unies soient intéressées" pour y participer, a-t-il ajouté.
Hassan Nasrallah a enfin assuré que son parti n'aurait pas capturé les deux soldats israéliens le 12 juillet s'il avait su que cela allait mener à une "guerre d'une telle ampleur", affirmant qu'il n'y aurait "pas de nouveau round entre Israël et le Hezbollah".
La capture par le Hezbollah des deux soldats avait déclenché une offensive israélienne dévastatrice de 34 jours.
M. Annan est attendu lundi dans la capitale libanaise, deux semaines après la fin des hostilités. Selon lui, le déploiement de la Finul renforcée au Liban aura lieu "d'ici environ une semaine", a indiqué un communiqué de la présidence du Conseil israélien.
Le secrétaire général de l'Onu doit évoquer à Beyrouth le déploiement de la Finul et la sécurisation des frontières, particulièrement celle entre le Liban et la Syrie.
Le gouvernement libanais refuse d'impliquer les troupes internationales dans la surveillance de sa frontière avec la Syrie, d'où proviennent selon Israël les armes utilisées par le Hezbollah.
Damas refuse un déploiement de Casques bleus à sa porte et a menacé d'y répondre en fermant la frontière, étranglant le Liban toujours soumis au blocus d'Israël. L'Etat hébreu, de son côté, exige que ce soit la Finul qui surveille la contrebande d'armes et en a fait la condition à la levée de son blocus.
La résolution 1701 "demande au gouvernement libanais de sécuriser ses frontières et les autres points d'entrée de manière à empêcher l'entrée au Liban sans son consentement d'armes ou de matériel connexe et prie la Finul (...) de prêter assistance au gouvernement libanais sur sa demande".
Cette question devrait dominer les entretiens de M. Annan à Beyrouth. Selon l'Onu, le secrétaire général devrait aussi aller au Qatar, en Turquie, en Arabie saoudite, en Egypte, en Jordanie et probablement en Syrie.
Il sera également samedi 2 septembre en Iran, d'après Téhéran. Le bureau de M. Olmert a indiqué que le patron de l'Onu serait mercredi à Jérusalem.
Dans le sud du Liban, les troupes israéliennes occupaient encore neuf positions dimanche, selon un porte-parole de l'armée libanaise, ce qui interdit aux soldats libanais de se déployer jusqu'à la frontière.
Israël a conditionné son retrait de la zone frontalière à l'arrivée sur place de troupes internationales susceptibles de dissuader de toute velléité offensive le Hezbollah qui occupe toujours le terrain et qui a jusqu'à présent refusé de désarmer.
Les premiers des 7.000 renforts promis par les pays de l'Union européenne, après 15 jours d'atermoiements, pourraient arriver à Naqoura, le QG de l'Onu dans le sud du Liban, dans les jours qui viennent.
Le profil de cette nouvelle Finul, qui comptera à terme jusqu'à 15.000 hommes contre environ 2.000 aujourd'hui, sera affiné lors d'une réunion des pays contributeurs lundi à New York.
Déjà dans le sud du Liban, plus de 200 soldats français du génie nettoient actuellement cette région truffée de munitions non-explosées et y rétablissent les communications après 34 jours de bombardements israéliens des routes et des ponts.
La France, qui s'est engagée pour un total de 2.000 Casques bleus, déploiera de nouvelles forces sur le terrain "d'ici 20 jours", selon sa ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie.
L'Italie prévoit de faire partir dès mardi les premiers éléments de son contingent de 2.000 à 3.000 hommes.
Source:AFP