Le pape se contentera d'exprimer sa «vive tristesse» suscitée par les réactions du monde musulman à «un bref passage de mon discours [...] considéré comme offensant pour la sensibilité des croyants musulmans alors qu'il s'agissait d'une citation d'un texte médiéval qui n'exprime en aucune manière ma pensée personnelle».
Le cardinal Bertone avait affirmé que le pape était «absolument désolé» que ses propos sur l'islam et le djihad durant son voyage en Allemagne «aient été interprétés d'une façon qui ne correspondait pas à ses intentions».
Très applaudi par la foule des pèlerins, le souverain pontife a annoncé qu'il commenterait plus longuement son voyage apostolique en Bavière lors de l'audience générale qu'il tiendra mercredi prochain au Vatican. En profitera-t-il pour y présenter des excuses officielles ? Rien n'est moins sûr.
Il n'en demeure pas moins que les musulmans réclament des excuses. De vraies excuses. Les «regrets» et la «désolation» du pape n'apaisent pas le courroux des musulmans.
D'ailleurs, l'Algérie, un des pays dont les réactions officielles sont jugées les plus modérées du monde musulman, ne s'est pas démarquée de la tendance générale. Le pape doit présenter des excuses officielles aux musulmans.
C'est l'appel du ministre algérien des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, rendu public hier par le quotidien El Moudjahid. Le pape est appelé à présenter des «excuses» aux musulmans pour ses déclarations «attentatoires à l'islam et à son Prophète Mohamed qui ne servent pas l'humanité car elles interviennent dans un contexte marqué par une flagrante méconnaissance de l'islam», indique le ministre dans sa déclaration. Quant à l'archevêque d'Alger, se déclarant consterné, il regrette pour sa part que «le plus haut représentant de la communauté catholique ait cité les propos tenus au XIVe siècle par l'empereur byzantin Manuel II».
Il ajoutera : «Nous sommes consternés par l'utilisation de cette citation d'un autre temps. Ce temps, le Moyen Age qui fut l'époque des conquêtes religieuses et des guerres entre les communautés», a dit Mgr Teissier. Les Frères musulmans d'Egypte considèrent, quant à eux, que «la déclaration du pape comme une rétractation par rapport à ses propos précédents», avant de souligner que c'est un «un bon pas en direction d'une excuse».
En Palestine, deux nouvelles églises ont été attaquées à Toulkaram et Toubas alors qu'une religieuse italienne a été tuée en Somalie. Le président russe, Vladimir Poutine, a, pour sa part, appelé hier «les chefs de toutes les confessions» à faire preuve de «responsabilité et de retenue», dans sa première allusion au scandale déclenché par les propos du pape Benoît XVI sur l'islam lors d'une rencontre retransmise à la télévision avec les présidents des Parlements des pays du G8 dans sa résidence d'été à Sotchi, au bord de la mer Noire.
Pour marquer sa contestation, Téhéran a convoqué hier l'ambassadeur du Vatican en Iran pour «protester fermement» contre les propos du pape Benoît XVI sur l'islam, ont rapporté les médias iraniens. «Nous sommes inquiets et préoccupés par les commentaires du pape et seules des excuses personnelles peuvent réparer le mal [...] Nous protestons fermement contre ces propos», a déclaré le directeur général du ministère des Affaires étrangères pour l'Europe occidentale, lors de sa rencontre avec l'ambassadeur du Vatican.
A noter que l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO) a de nouveau appelé, hier, le pape Benoît XVI à «présenter des excuses sincères sur ses propos attentatoires à l'islam et le Prophète Mohamed».
L'Algérie considère les propos du pape Benoît XVI comme un «grave développement»
L'Algérie a considéré dimanche les propos tenus par le Pape Benoît XVI sur l'islam comme un «grave développement» qui s'inscrit «à contre-courant de tous les efforts que des bonnes volontés de toute foi et de toute culture n'ont cessé de déployer».
Dans une déclaration, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères souligne que l'Algérie, qui a pris connaissance avec une «profonde stupéfaction» des propos que la haute autorité spirituelle et politique de la Curie romaine a tenus, a convoqué le Nonce apostolique à Alger pour «demander des éclaircissements sur ces propos si incroyablement méprisants pour la communauté musulmane dans son ensemble».
Source: allAfrica.com