Le ramadan, qui correspond au neuvième mois lunaire de l'année musulmane, est marqué par le jeûne et la prière, mais c'est aussi un moment de convivialité, relève un des imams de la Mosquée de Paris.
Chaque soir, l'iftar (rupture du jeûne) est prétexte à partager la chorba (soupe) et les gâteaux mais c'est surtout l'Aïd (fin du ramadan) qui donne lieu à des fêtes où sont invitées les autres communautés et même les non-croyants.
Ainsi l'imam Hassen Chalghoumi va inviter, cette année comme l'an passé, les autres communautés (juives, catholiques, sikhs) de la ville de Drancy à venir fêter l'Aïd, le 26 octobre, avec les musulmans de Drancy.
"C'est une fête de joie, il faut qu'elle soit partagée avec tous. Le prophète lui-même a invité toutes les communautés. Nous sommes tous frères d'humilité, frères de religion", explique-t-il.
A Marseille aussi, les célébrations de l'Aïd sont ouvertes aux non musulmans. L'an dernier il a été fêté dans toute la ville, devenant "l'Aïd dans la cité", organisé par l'Union des familles musulmanes (UFM). Treize mille personnes y ont participé, dont un tiers de non musulmans.
A Marseille, cette année encore, la fête s'ouvre aux non musulmans, des restaurants servent les plats traditonnels à l'heure de la rupture du jeûne et/ou programment de la musique traditionnelle (chaabi algérois, maalouf constantinois ou musique berbère).
Radio Gazelle, "l'oreille de la communauté maghrébine à Marseille" (qui émet dans une grande partie du sud-est), a bouleversé comme chaque année sa grille des programmes. Selon son directeur d'antenne Mustapha Zergoug, l'audience passe de 15-20.000 par jour à 100.000 pendant le ramadan.
"On programme davantage d'émissions liées au jeûne et à la religion, avec l'intervention d'imams et de religieux, mais également des programmes festifs, souvent en lien avec les radios des pays d'origine. C'est un mois de jeûne et de fête en même temps. On invite des artistes d'ici ou de là-bas".
M. Zergoug affirme que les non-musulmans se branchent sur sa radio : "Ils écoutent nos émissions culturelles, les recettes de cuisine que l'on diffuse. C'est une période qui permet de resserrer les liens entre musulmans et non-musulmans".
A Paris, la Mairie organise le 30 septembre une soirée "de fête et de partage" au stade Charléty. Mais la Mosquée de Paris ne veut pas mélanger les genres : "on nous avait demandé la participation d'un imam, nous avons refusé parce qu'on ne mélange pas l'événementiel et la religion", dit un porte-parole.
De son côté, la Mosquée sert tous les soirs du ramadan, et depuis plusieurs années, la chorba aux sans abris, musulmans ou pas.
"C'est le mois du partage et de la solidarité. Pendant le jeûne, les riches ont l'occasion de se rappeler ce qu'est la faim", remarque un des imams de Paris.
Le ramadan ? "C'est un mois de carême pendant lequel les croyants sont dans un esprit d'amour et de rapprochement", dit encore l'imam Chalgoumi. L'intérêt n'est pas simplement de jeûner mais de se rapprocher les uns des autres. C'est important dans le climat actuel, avec la haine entre les communautés qui monte".
Source: AFP