Abu Izzadeen, un militant intégriste, a traité M. Reid d'"ennemi de l'islam" et a interrompu pendant cinq minutes son discours, tenu dans une salle du quartier londonien de Leytonstone, où vivent de nombreux musulmans.
Il a ensuite été expulsé.
Le ministre était venu lancer un appel aux parents musulmans pour qu'ils agissent s'ils observaient des signes de radicalisation chez leurs enfants.
"Les fanatiques", a-t-il dit, "veulent laver le cerveau des enfants, notamment des vôtres, et les former à devenir des kamikazes. Ils veulent les former à se tuer en tuant d'autres personnes".
Un journaliste influent de la communauté s'était agacé par avance de ce qu'on "demande aux parents d'espionner leurs enfants".
John Reid a été interrompu dès le début de son propos par le manifestant vêtu d'une tunique blanche.
Abu Izzadeen a crié plusieurs fois "Honte sur nous" à l'attention de la soixantaine de musulmans qui étaient venus écouter le ministre sur invitation.
Il a rappelé que la salle où se trouvait John Reid était proche de Forest Gate, où deux jeunes gens ont été arrêtés par erreur en juin par Scotland Yard, l'un étant blessé par balles.
Evoquant les arrestations de "plus d'un millier de musulmans", il a ensuite accusé la police britannique de "terrorisme d'Etat".
Après son expulsion, il a rejoint sur le trottoir d'autres manifestants arborant des affichettes, dont l'une portait l'inscription "John Reid, tu vas payer !".
Le ministre, qui fut chargé pendant un an de la Défense avant de prendre l'Intérieur ce printemps, a répondu qu'il serait "désastreux" que les hommes politiques ne puissent plus se rendre "dans toutes les parties de la Grande-Bretagne" pour "parler à toutes les communautés et toutes les religions".
Reprenant son discours, il a ensuite appelé les musulmans à "combattre pour nos valeurs communes".
"La victoire dans cette bataille idéologique, la bataille des valeurs, sera la seule qui assurera une véritable paix", a-t-il insisté.
Selon John Reid, "le message selon lequel il s'agit d'une lutte contre le terrorisme et l'intolérance, et non contre l'islam, a été noyé sous le poids des accusations et contre-accusations".
Source: AFP