Les débats se sont concentrés sur le choix du directeur de ce collège-lycée privé hors contrat, baptisé Al-Kindi du nom d'un savant arabe.
Le CAEN a en effet jugé que "le porteur du projet, s'acquittant déjà d'un service complet de professeur de lycée professionnel, ne pouvait assurer la responsabilité effective de l'établissement", selon un communiqué du rectorat.
Cet argumentaire reprend celui du recteur de l'Académie de Lyon qui s'était opposé au projet le 30 août dernier.
Alain Morvan avait alors expliqué son veto par le fait qu'il avait reçu une lettre du futur directeur, Zoubir Meddour, lui annonçant sa démission et sa décision de réintégrer l'Education nationale.
Vendredi, à l'issue du jugement, M. Morvan a estimé que M. Meddour servait de "prête-nom" et ne comptait pas assumer la direction "effective" de l'établissement.
"La position du directeur était celle d'une direction de paille et cet homme agissait en tant que prête-nom. M. Meddour a été soumis à de grandes tensions, peut-être à des pressions et j'ai eu le sentiment, pendant le CAEN, qu'il n'était pas un homme libre", a-t-il déclaré.
Hakim Chergui, vice-président de l'association Al-Kindi, a condamné le jugement du CAEN, qu'il a qualifié de "consternant" et d'"arbitraire".
"On est dans une attaque personnelle. Pendant le CAEN, M. Meddour a proposé de prendre une année sabbatique, mais le recteur a refusé. Nous sommes devant un mur", a-t-il dit.
"Nous allons utiliser toutes les voies possibles de recours, y compris demander à être reçus directement par le ministère de tutelle", a poursuivi M. Chergui.
A la fin août, un autre porteur du projet avait expliqué que le courrier envoyé au recteur ne signifiait pas la démission de M. Meddour. "Notre directeur, qui est enseignant, a simplement écrit au rectorat pour annuler sa mise en disponibilité. Mais il entend toujours être directeur, à titre bénévole", avait alors expliqué le président d'Al-Kindi, Hakim Nazir, également vice-président de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France).
"Cette idée de prendre la direction sur son temps libre est totalement incompatible avec une direction effective et responsable", a estimé le recteur.
Le CAEN, présidé par le recteur, comporte également 12 membres de l'enseignement public ou privé ainsi que des inspecteurs d'académie. Il est obligatoirement consulté sur les ouvertures ou extensions de collèges et lycées.
Son jugement peut être porté en appel devant le Conseil supérieur de l'Education à Paris.
S'il ouvre, l'établissement Al-Kindi sera le deuxième de ce type en France, et le premier en taille après le lycée Averroès de Lille, avec quelque 140 élèves répartis dans sept classes.
Source: AFP