Sénégal (IQNA)- Durant le mois béni du ramadan, les Sénégalais modifient leurs horaires de travail

11:41 - September 29, 2006
Code de l'info: 1499832
Pour s'adapter à ce contexte, les journées de travail sont généralement raccourcies de deux heures et se déroulent sans pause déjeuner. Toutes choses qui participent au ralentissement des activités des entreprises, donc à la baisse de leur productivité.
Au Sénégal, pays où plus de 92 % des habitants sont de confession musulmane, le ramadan dicte sa loi pendant son mois d'observation. Durant cette période, tous les secteurs d'activité sont obligés de s'y adapter. Ce qui pousse une grande partie des entreprises et des services publics installés à Dakar, pour ne pas dire tous, à modifier leurs horaires de travail pour permettre aux musulmans de pouvoir couper le jeûne chez eux durant ces quatre semaines d'abstinence.
Les journées de travail sont en général raccourcies de deux heures et se déroulent sans pause déjeuner.
Toutes choses qui participent au ralentissement des activités des entreprises, donc à la baisse de leur productivité. Mais de tous les travailleurs, ce sont ceux des bureaux qui sont les moins affectés par ces changements.
Ce que confirme Ousmane Bâ, un employé d'un cabinet d'expertise immobilière de la place qui reconnaît que le ramadan n'a pas le même effet sur les employés de bureaux que sur ceux qui exercent un métier qui nécessite un effort physique. Il avoue que l'impact du jeûne est moins significatif pour cette catégorie de travailleurs au niveau de la productivité.
Latyr, un jeune maçon de 22 ans ne dit pas le contraire. Casquette vissée sur la tête à la mode américaine, ce manoeuvre maçon est trouvé dans un chantier aux Parcelles assainies, peu après midi.
'Je reconnais que le travail est pénible durant cette période, et que mon rendement diminue dès la fin de la matinée, mais je n'ai pas le choix car c'est moi qui ai décidé d'embrasser ce métier', avoue-t-il. A quelques encablures, Mame Malick, sur sa charrette remplie de bois qu'il va livrer à des menuisiers, réconforte le jeune ouvrier.
Les lèvres sèches et la voix à peine audible, ce charretier nous fait part de ses difficultés à maintenir son rythme de travail au-delà de midi. 'De toutes les façons, j'arrête de travailler après la prière de 14 heures pour pouvoir récupérer', confesse-t-il non sans reconnaître que ce repos lui coûte un manque à gagner assez substantiel.
A l'opposé, Alioune Badara Wade défend le contraire. Cet employé de la Sonatel soutient que le ramadan se révèle un facteur d'efficacité. 'Je travaille mieux à cette période car j'avoue que si je prends mon déjeûner vers 13 heures, il me faut une heure pour reprendre mon rythme de travail de la matinée, ce qui constitue une baisse de ma productivité, justifie-t-il.
Tout comme M Wade, Assane Diagne et Vieux Goumbo Sèye trouvent que cette période est favorable au travail. L'absence de toute contrainte de temps est le seul argument que brandissent ces deux techniciens en bâtiment pour justifier leur position par rapport à la question.
Mais s'il y a un secteur pour qui ce mois est béni à plus d'un titre, c'est bien celui du commerce qui y tire le maximum de profit puisque les habitudes d'achat changent durant ces quatre semaines.
La vente des produits alimentaires et d'habillement en tirent les plus importants dividendes. Les commerces alimentaires qui ont adapté leurs horaires aux réalités du ramadan font de bonnes affaires. Les raisons sont à chercher dans les changements qui poussent les gens à vouloir se rattraper la nuit en consommant plus qu'il ne faut généralement.
Au niveau de la boulangerie de Liberté 5 par exemple, on se frotte les mains. On débute la livraison du pain vers 15 heures au lieu de 7 heures du matin. C'est à partir de 17 heures que les clients commencent à envahir les lieux pour se procurer du pain et autres brioches. A notre passage sur les lieux vers 17 h 30 mn, les vendeurs étaient débordés car chacun voulait être servi en premier lieu. C'est le même constat qui est fait au niveau de la boulangerie du front de terre. Là aussi, les clients se font des mains pour se servir rapidement.
Les vendeurs de tangana et autres gargotes ne se plaignent pas aussi. 'Mes clients sont constitués pour la plupart de chauffeurs de taxi qui se retrouvent ici à l'heure de ndogou et j'avoue que je m'en tire assez bien', informe Aminata Maye, une gargotière qui a ses quartiers sur l'avenue Cheikh Ahmadou Bamba.
Aussi, durant le ramadan au Sénégal, les horaires des embouteillages, à la sortie de la ville, sont-ils bouleversés. Si d'habitude il était infernal de sortir de Dakar entre 17 et 20 heures, cet exercice se révèle un jeu d'enfant en cette période de jeûne.

Source: allAfrica
captcha