Alors qu’à la veille du mois de ramadan, dans tous les pays musulmans, les pouvoirs publics s’efforcent à stabiliser ou, à plus forte raison, baisser les prix des produits de large consommation, chez nous hélas, et comme à chaque fois d’ailleurs, c’est le contraire qui se produit.
L’Etat a beau sensibiliser ou légiférer des lois. Rien n’y fait. Les prix flambent et les consommateurs, les plus modestes surtout, en font les frais. Dans les pays du Moyen-Orient, en Syrie, par exemple, les associations de commerçants, organismes qui pèsent dans la vie publique et politique, font chorus pour réduire, ne serait-ce que par un geste symbolique, les prix de leurs produits permettant aux familles pauvres de s’approvisionner.
Normal, c’est le mois de la piété, de l’entraide et de la fraternité. Ces valeurs-là, dans ces pays, on les respecte à la lettre. En Algérie, ces valeurs « ramadanesques » n’ont plus droit de cité.
L’avidité des commerçants, les intermédiaires à leur tête, sont capables de s’associer avec le diable pour renflouer leurs caisses, une fois le mois de jeûne fini, s’y ajoute l’impuissance de l’Etat face à des pratiques qui n’honorent en rien notre soi-disant appartenance religieuse.
Les imams auront beau appeler à la raison et les pouvoirs publics à la retenue. Vaines tentatives qui ont montré, dans le passé, leurs limites. Pour ces « mercenaires » de commerçants, le ramadan c’est trente jours d’un bénéfice sans égal.
L’argent coulera à flots sur le dos de millions de jeûneurs qui, eux aussi, ne voient en ce mois spirituel qu’une occasion pour se remplir la panse et les yeux.
La mosquée et ce fatras de pratiques religieuses, c’est après le ftour (rupture du jeûne). Une question de forme.
Source: Kabylie