Paris (IQNA)-Le 800ème anniversaire du poète iranien Molawna a été célébré au siège de l’UNESCO

14:39 - October 01, 2006
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Le 800ème anniversaire de Mowlana Djalal al-Din Rumi, le grand poète et penseur persan a été célébré au siège de l’UNESCO à Paris en présence de ceux qui aiment la culture et la littérature iranienne.


L’ambassadeur iranien en France, Ali Ahani, évoquant les œuvres majeures du poète Mowlana Djalal al-Din Rumi, compte tenu de ces différentes dimensions a fait une allocution en s’exprimant en deux langues, en Persan et en Français, et l’attaché culturel iranien, Hojatollah Ayoubi, ont salué la célébration de cet événement à Paris et ont évoqué la personne et les œuvres de ce poète majeur et reconnu dans le monde.

Poète soufi Surnommé aussi Mawlanna, qui signifie maître ou seigneur, il est considéré comme l'un des plus grands mystiques persans du XIIIe siècle, Rumi exerça une influence considérable sur la spiritualité musulmane. Son nom est également lié à l'ordre des “derviches tourneurs”, principale confrérie mystique de l'Islam qu'il fonda dans la ville de Konya en Turquie.

Rumi est né dans une famille de théologiens persans qui émigra en Turquie lors de l'invasion mongole. Alors qu'il est professeur de sciences religieuses, il rencontre un derviche errant qui l'initie à la voie mystique. Peu à peu, Rumi le théologien devient Rumi le chantre mystique épris d'un Dieu d'Amour, d'un Bien-Aimé qu'il ressent soudainement comme étant l'essence même de son être.

Dès lors, il chante son amour à travers une poésie qui atteindra des sommets vertigineux tant au niveau de la perfection lyrique que de l'élévation mystique.

De son œuvre poétique gigantesque, nous retiendrons essentiellement le “Mathnawi”, véritable coran mystique destiné à ceux qui recherchent la voie de l'ultime Rencontre à travers l'expérience personnelle de la perception divine. Chef d'œuvre de la littérature orientale, ce témoignage, consacré à la nostalgie du divin, nous invite à lever le voile de nos cœurs pour redécouvrir, par l'expérience de nos sens, Celui qui est en nous et en qui nous sommes.

Dès lors, tout est support aux retrouvailles. Tout est prétexte aux noces mystiques. Car, selon la tradition soufie, si nous sommes en quête d'harmonie à travers toute chose : la musique, la danse, la beauté, l'union avec l'Autre, c'est que nous avons le sens d'une Harmonie supérieure déjà connue.

C'est donc dans la communion avec tout ce qui existe que Rumi nous fait revivre un peu de la Suprême Communion. Lui a vu et ressenti la présence de son Bien-Aimé à travers la beauté des jardins de Konya, à travers les parfums du printemps, les chants des oiseaux mais surtout à travers l'union avec l'aimée.

Cette approche non dualiste de l'Amour, chère à tous les plus grands mystiques, nous réconcilie non seulement avec nos sens, avec la vie sous toutes ses formes mais également avec la mort que Rumi décrit, à l'instar de son maître à penser, le Grand Halladj, comme une véritable résurrection.

On comprend aisément la passion du poète pour toutes formes d'art, telle que la musique, à travers laquelle il perçoit la voie de son Bien-Aimé ou pour la danse qui lui permet de s'unir à Lui dans un mouvement sacré.

Ainsi, Rumi est l'auteur de compositions musicales uniques qui ont considérablement marqué la musique turque. En outre, il est également le fondateur d'un ordre tout aussi singulier, l'ordre des “derviches tourneurs”, qui permettra à ses disciples de retrouver l'union au divin au cours d'un tourbillon extatique ; ordre qui propage aujourd'hui en Orient comme en Occident la musique et le message de celui qui fut aussi appelé “Mevlana”, le Maître.

Peu de temps après la mort de Rumi, son œuvre universelle fut connue partout dans le monde musulman et, traversant les siècles sans perdre une once de sa fraîcheur et de sa profondeur, elle connaît aujourd'hui un immense succès international auprès d'un public sans cesse renouvelé.

« (...) L’homme est comme un arc dans la main de la puissance divine (...) Quel heureux et excellent arc est celui qui sait dans la main de qui il est ! » écrit Rumi qui nous permet de comprendre que c'est en ouvrant nos cœurs à l'omniprésence divine que nous recréons l'Union avec Dieu et que nous nous reconnaissons comme les vecteurs de son Amour, de sa Justice et de son Harmonie… Nous n'avons pas d'autre identité que celle-là.

Source: Irna
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