Egypte (IQNA)- La bataille du "Niqab" a repris en Egypte

16:05 - October 21, 2006
Code de l'info: 1504053
Des étudiantes au visage entièrement caché sous le voile ont été bannies du foyer de l'Université de Helwan, à 30 kms du Caire, relançant la bataille du "niqab" qui fait actuellement débat en Europe.
"On ne dit rien aux filles indécentes, et nous sommes traquées, nous les filles de l'Islam" clame, Iman Ahmed, une étudiante en droit de 21 ans, dont seuls les yeux sont visibles derrière la fente de son niqab noir.
Si l'immense majorité des étudiantes musulmanes ont désormais le visage encadré par un voile, le Hijab, celles qui ont fait le choix radical du "Niqab" ont été sommées de le retirer, ou de quitter la résidence universitaire.
L'ultimatum qui a suscité une virulente controverse, et l'ire des islamistes, a été prise la semaine passée par Abdel al-Hay Ebaid, doyen de cette université plantée en lisière d'un grand centre industriel.
"Ce que je veux, c'est protéger les étudiantes contre des individus qui se faufileraient déguisés sous un niqab", affirme-t-il, ajoutant : "leurs parents me trucideraient si un homme s'infiltrait dans le foyer des filles".
La raison invoquée n'est qu'un prétexte par les pro et anti "niqab". Mais les premiers se félicitent d'un coup d'arrêt au fanatisme et à l'islam dévoyé, et les seconds crient à une atteinte à la liberté et au vrai islam.
Rihan Sami, une étudiante en pédagogie de 21 ans, totalement voilée et gantée, clame que "cette interdiction restreint ma liberté. Le niqab, c'est mon choix, et celui de l'Islam, pour lutter contre l'impudeur qui se répand ici".
Pour pénétrer dans le campus, les porteuses de niqab, les "monaqabat", doivent passer dans un petit bureau où, derrière un rideau, une inspectrice vérifiera leur identité sur une liste administrative.
"Ils n'ont qu'à faire la même chose pour le foyer", dit Rihan, avouant avoir accepté de tomber le niqab au foyer pour ne pas être expulsée. Son "guide", Abdelaziz Migaed, un islamiste étudiant en commerce, opine de la tête.
Des manifestations ont été vite organisées par un "comité des étudiants libres", paravent évident des islamistes pour qui la "guerre du niqab" est une nouvelle étape vers l'islamisation de la société égyptienne.
Car si le voile est omniprésent, les étudiantes sont nombreuses à le choisir de couleur éclatante, et à le porter sur des vêtements moulants. "C'est aussi une mode, pas seulement un uniforme religieux", relève Ahmad Raouf, un étudiant.
Des facultés, comme celle d'Ain Chams, ou encore l'Université américaine au Caire (AUC), creuset de la nouvelle élite, ont tenté ces dernières années de s'opposer au niqab que prônent des oulémas salafistes égyptiens ou saoudiens.
"Je n'accepte pas qu'on dise que le niqab est une obligation, et je ne l'aime pas", affirme Soad Saleh, professeur de droit islamique, et ex-doyenne de la faculté féminine des études islamiques d'al-Azhar.

Source: AFP
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