A l'instar de tous les pays musulmans, les Marocains tiennent à célébrer eux aussi cette nuit sacrée, décrite comme bien meilleure que mille mois.
La 26ème nuit est donc l'occasion pour les Marocains pieux de passer la nuit à la mosquée à réciter le Saint Coran.
A l'approche de cette nuit d'une grande ferveur religieuse, les familles casablancaises comme toutes les autres d'ailleurs du Maroc, se préparent et s'activent comme elles peuvent pour veiller cette nuit et la célébrer selon la tradition.
En effet, kissariats, souks, marchés, étalages à même le sol proposent différents produits relatifs à cette occasion.
Généralement, toutes les familles préparent du couscous pour elles et pour les fidèles qui veillent aux mosquées pleines à craquer cette nuit-là, et aux nécessiteux. Le poulet, lui aussi, voit son prix monter en flèche.
L'affluence des fidèles dans les mosquées n'a rien à voir avec les jours normaux. Certains tiennent à ce qu'ils achèvent cette nuit les derniers versets du Coran ( Al Khatima) .
Cette nuit sacrée est l'occasion également de faire des visites familiales aux proches et voisins. C'est le moment d'oublier les petites querelles, s'il y en a, et se réconcilier.
Un autre fait marquant de cette journée, c'est que des familles, et c'est une tradition marocaine, veillent à ce que leurs petits enfants, qui n'ont pas encore l'âge requis, jeûnent. C'est une façon de les responsabiliser et de leur faire sentir et comprendre qu'ils sont mûrs et capables d'endurer les privations, de se surpasser en s'abstenant le temps d'une journée de prendre de la nourriture et de l'eau. Ces jeunes filles et garçons qui jeûnent pour la première fois de leur vie, ont droit après la rupture à un ftour spécial. Généralement, c'est le plus âgé de la famille ou le père qui offre au garçon ou à la fille un bol de lait, un oeuf, des dattes. Pour consacrer cet instant, on prend les petits enfants en photos souvenirs. Pour la circonstance, les enfants portent des habits traditionnels: djellba, tarbouche et babouches, quant aux filles elles sont bien maquillées et portent un aftan. Dans d'autres familles, des youyous accompagnent cette cérémonie.
Juste après la rupture du jeûne, certains parents veillent à ce que leurs enfants les accompagnent à la mosquée pour célébrer cette nuit sacrée. C'est l'occasion de leur inculquer les premiers préceptes de l'Islam. Pour cette occasion, c'est la Mosquée Hassan II qui est prise d'assaut. De peur de ne pas trouver de place, malgré la capacité d'accueil de cette mosquée, et pour être sûr d'être des premiers rangs, des fidèles rompent leur jeûne sur place. Partout l'atmosphère sent l'encens et l'ambre. Des odeurs pénétrantes et agréables.
Concernant les produits vendus à travers toute la ville, ce sont les fruits secs qui ont la cote et se vendent à des prix élevés comparés aux autres jours.
Les amandes, cacahuètes, noix, abricots et raisins secs, pois chiches, plus les fruits de saison trouvent preneur, tout le monde y trouve son compte. Tout ou presque est liquidé. Ce qui permet aux commerçants de réaliser de bons chiffres d'affaires. Tout ce qu'on a pu acheter le jour, on le sert le soir avec du thé, et les autres friandises maison pour tous les membres de la famille.
Le lendemain, c'est-à-dire le 27ème jour, toutes les familles veillent à ne pas rater cette occasion, sous aucun prétexte, pour visiter les cimetières et se recueillir sur les tombes de leurs proches et bien-aimés.
Les visiteurs font appel aux " tolba", pour réciter quelques versets coraniques à la mémoire des défunts, contre quelques dirhams.
Il est nécessaire de relever un fait désolant qui entache cette nuit sacrée: elle est souvent accompagnée de charlatanisme, et ce pour des croyances qui n'ont rien à voir avec l'Islam. C'est tout simplement à cause de l'ignorance que ces croyances continuent d'exister dans notre société.
Source: Allafrica