Bordeaux (IQNA) - A Bordeaux, les contours d'un projet de mosquée se dessinent lentement

8:05 - November 06, 2006
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Les contours d'un projet de grande mosquée à Bordeaux, qui pourra accueillir jusqu'à 2.500 fidèles, prennent forme lentement, le poids des contraintes financières et des négociations pour la cession du terrain ayant retardé l'ouverture du lieu de culte à l'horizon 2011.





Jugeant "anormal" que la cinquième ville de France qui compte dans son agglomération 50.000 musulmans n'ait pas un vrai lieu de culte, l'Association des musulmans de Gironde (AMG) a sollicité la mairie voici plusieurs années pour un grand projet intégrant des espaces culturels ouverts aux habitants.

Plusieurs mosquées existent déjà à Bordeaux depuis les années 80, mais "dès leur ouverture, on savait que c'était du bricolage, certaines mosquées n'étant que de simples garages aménagés", rappelle Charafeddine Mouslim, directeur de l'AMG et pilote du projet.

La mairie négocie depuis plusieurs semaines avec le Réseau ferré de France (RFF) pour acquérir un terrain de 11.000 m2 situé sur la rive droite de la Garonne. Mais ce terrain doit d'abord être déclassé du patrimoine ferroviaire, une opération que doit valider un arrêté ministériel.

Plusieurs propositions de prix ont été rejetées par la mairie. Constatant des écarts importants de prix entre les deux parties, le préfet d'Aquitaine, Francis Idrac, a été mandaté pour négocier la vente.

"On espère aboutir dans les jours qui viennent à un prix commun", a indiqué le directeur adjoint de RFF à Bordeaux, Bruno de Monvallier.

La mairie, qui reconnaît que RFF ne veut pas brader son patrimoine, indique de son côté que "le dossier avance à son rythme". Une fois la vente conclue, elle signera avec l'AMG un bail emphytéotique (de longue durée).

L'édifice devra avoir un financement transparent, récolté par souscription, en vertu de la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. La mairie a également posé comme conditions une architecture non ostentatoire et la tenue de prêches en français.

Du côté de la communauté musulmane, le dossier a aussi pris du retard, l'aspect architectural n'ayant pas encore été arrêté. Alors que l'AMG tablait sur une ouverture en 2009, le permis de construire devrait être finalement déposé en 2008 et deux à trois ans de travaux seront nécessaires.

Deux architectes, le Belge Joël Privôt et le Bordelais Nawfal Dridi, qui planchent sur le projet depuis 2002, viennent de déposer leur troisième proposition, mais le coût est encore trop élevé pour l'association.

M. Mouslim espère obtenir des financements publics français, voire européens, pour la partie culturelle de la mosquée, qui abritera un amphithéâtre, une salle d'exposition et une cafétéria, "car ce sera le premier lieu de culte à Bordeaux construit selon les normes HQE (haute qualité environnementale)".

L'utilisation du pin des Landes, comme le rappel du passé portuaire de la ville, sont autant de pistes explorées par les architectes, qui ne prévoient pas de construire de minaret.

"Nous ne voulons pas d'une mosquée à la marocaine ou à la turque, mais quelque chose d'original, qui s'intègre au tissu urbain local. Nous voulons que l'islam de France soit une réalité", dit M. Mouslim.

On compte actuellement en France quelque 4 millions de musulmans et environ 1.500 mosquées ou lieux de culte, selon les statistiques 2005 du ministère de l'Intérieur. Plusieurs projets de grande mosquée sont en cours dans d'autres villes de France comme Marseille, Belfort, Strasbourg, Créteil ou Clichy-Montfermeil.

Source: AFP

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