Serbie (IQNA)-La percée des wahhabites en Serbie

6:40 - November 11, 2006
Code de l'info: 1507535
Il y a une semaine, des wahhabites provoquaient des affrontements dans une mosquée de Novi Pazar. Cette forme radical et sectaire de l’islam se développe de manière certaine en Serbie et au Monténégro, malgré l’oppositions des structures traditionnelles de l’islam.
Les États prennent-ils, par contre, toutes leurs responsabilités ? Enquête à Novi Pazar et au Monténégro, où des incidents se sont multipliés, de Bijelo Polje à Ulcinj.

Trois personnes ont été blessées dans un rixe entre des croyants « ordinaires » et des wahhabites vendredi dernier, dans la mosquée Arap de Novi Pazar. La communauté islamique a décidé de fermer provisoirement la mosquée à cause de cet incident, « couronné » par des tirs d’armes à feu.

La police a arêté Izet Fijuljanin pour tentative d’hommicide, et 16 autres personnes font objet d’une procedure d’infraction judiciaire. C’est ainsi que Novi Pazar, calme ville du Sanjak, importante pour l’histoire de l’islam et de l’orthodoxie dans la région, est devenue encore une fois l’objet de l’attention des journalistes. Ces dernières années, les incidents se sont succédés, qu’il s’agisse d’affrontements entre supporteurs de football serbes et bosniaques, des tirs des armes à feu contre le siège du Parti démocratique du Sandjak (SDP) de Rasim Ljajic avant les dernières élections législatives - deux personnes ont été blessées -, de l’interruption du concert du groupe Balkanika par des wahhabites, du meurtre d’un candidat de la Liste pour le Sandzak durant les dernières élections locales, de l’irruption des partisans de Sulejman Ugljanin et des actes de vandalismes commis dans le bâtiment de la Faculté islamique après un meeting électoral...

Tout cela repose sur les querelles et les accusations mutuelles entre le maire de Novi Pazar et patron du SDA, Sulejman Ugljanin, son opposant Rasim Ljajic et le mufti du Sandjak, Muamer Zukorlic. Ces violences se produisent dans le contexte d’une crise qui a détruit l’économie locale, d’une explosion de la toxicomanie et de la criminalité. L’État ne controle rien, et les citoyens ne cessent de s’étonner. Le gouvernement se souvient de Novi Pazar et du Sandzak uniquement quand il a besoin de voix supplémentaires au Parlement de Serbie.

À dire la vérité, les organismes étatiques ne disposent pas de mécanismes de manoeuvre efficaces dans le cas des wahhabites. Selon le directeur du BIA, les services de renseignement, Rade Bulatovic, l’apparition de cette conception extrémiste de l’islam est le résultat des circonstances sociales dans un sens large, avec une influence internationale non négligeable.

Ceux qui ne savant pas que la solidarité est une des bases des l’islam et que le nombre de wahhabites et de femmes « couvertes » dans notre région est directement lié au nombre des musulmans tués en Iraq ou en Liban, ainsi qu’avec l’islamophobie qui se développe en Occident, ne peuvent pas comprendre ces phénomènes. Il ne faut pas négliger non plus les nombreuses fondations islamiques, financièrement puissantes et fort douteuses. À Novi Pazar, des bruits courent depuis longtemps sur les subsides abondants qu’accorderaient ces wahhabites à l’allure pourtant modeste. Cependant, personne n’a trouvé de preuves sur l’origine et l’importance des moyens financiers dont ils disposent.

La communauté islamique et les croyants doivent être les premiers à se saisir du problème des wahhabites, parce que ce sont qui en subissent les plus grands dommages. Puisque la bêtise ainsi que le port de la barbe et de pantalons courts ne représentent pas des délits, l’État n’est en mesure de réagir que s’ils commettent des infractions à la loi. Pour que les musulmans et leur organisations puissent règler les comptes avec ces « voyous infiltrés dans leur rangs », il est nécessaire qu’ils mettent de côté les conflits qui existent entre les différents partis politiques bosniaques, et que l’État ne protège pas ses favoris politiques. De son côté, l’État devrait réagir dans tous les cas qui relèvent de ses compétences. Rappelons-nous que personne n’a été poursuivi pour l’incendie de la mosquée de Belgrade, en mars 2004, et que le jugement contre les néonazis de Nacionalni Stroj est très lent.

Source: Le Courrier des Balkans

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